Meriem Brik, mannequin black, algérien et fier de l’être

Meriem Brik, mannequin black, algérien et fier de l’être

Meriem Brik est le mannequin que tous les créateurs algériens s’arrachent durant la deuxième édition de la Fashion Week d’Alger. Portrait.

Sa carrière a commencé dans le plus grand secret, aujourd’hui, Meriem Brik est sous le feu des projecteurs. La jeune brindille de 24 ans participe à tous les défilés de la deuxième édition de la Fashion Week d’Alger, qui se déroule jusqu’au 15 octobre à l’opéra. En femme fatale pour le styliste algérien Karim Kadid, en caftan pour Zineb Ammari ou en badroun revisité façon robe de mariée pour Eddine Belmahdi, Meriem Brik embellit chacune des tenues qu’elle porte. « Un bon mannequin c’est un mannequin qui sait porter les vêtements et sait les mettre en valeur », estime d’ailleurs la jeune femme originaire de Sidi Bel Abbès.

De la danse…

Meriem Brik ne se destinait pourtant pas au mannequinat. « Jeune, je ne me maquillais jamais par contre j’aimais déjà porter de beaux vêtements », se souvient le model algérien dans le bus qui la conduit à l’hôtel. « Je rêve d’une pizza et d’un soda », souffle-t-elle, « je ne suis pas du tout régime alimentaire ! Je mange ce que je veux, je ne me prive jamais mais mon secret pour garder ma ligne : me dépenser beaucoup. Je suis une hyperactive ».

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Meriem Brik, habillée d’un caftan signé Zineb Ammari, défile lors de la deuxième édition de la Fashion Week d’Alger. Crédit photo : Inty

Oui, Meriem Brik est un mannequin iconoclaste. Le début de sa carrière en témoigne. Adolescente, elle ne jure que par la danse. « J’étais accro au hip hop. Je pouvais m’entraîner trois heures par jour et cinq jours sur sept », sourit la jeune femme. « Pendant tout ce temps déjà mes amis me disaient qu’il fallait que je me lance dans le mannequinat mais je ne voulais entendre parler de rien d’autre que que danse ».

… au mannequinat 

Son rêve se brise brutalement à cause de soucis de santé. Meriem Brik ne deviendra pas chorégraphe professionnelle. « Je ne pouvais pas rester sans rien faire, j’avais besoin d’un challenge », raconte-t-elle. Repérée par l’agence ADA, Meriem Brik voyage plusieurs mois entre Sidi Bel Abbès et Oran pour suivre une formation accélérée de mannequinat au sein de l’agence. Elle apprend à marcher, défiler, pauser, sourire. Ces gestes qui semblent simples mais sont si étudiés. « Tout est dans le détail », glisse-t-elle.

Un métier qu’elle découvre à l’insu de ses parents. « Les parents sont encore réticents en Algérie à laisser leur fille emprunter cette voie. C’est pourquoi je me suis lancée sans le dire à ma famille. Ils ont fini par l’accepter », explique-t-elle.

La consécration viendra très vite. Du haut de son mètre soixante-dix-huit, Meriem remporte Miss Beauté Algérie en 2015. Une couronne qui lui a valu une pluie d’éloges… et d’insultes. « Je n’avais aucune ambition à l’époque, ce titre m’est tombé dessus par hasard. Après cela, j’ai fait face à un torrent de commentaires autant sympathiques que détestables », s’étonne-t-elle encore.

Au cœur de la polémique : la couleur de sa peau. « Ils disaient qu’une noire ne pouvait pas représenter l’Algérie. Des insultes racistes j’en ai entendu toute ma vie, ça ne me décourage pas bien au contraire », dit-elle. « Je suis un mannequin black, algérien et fière de l’être ».

Depuis sa victoire à Miss Beauté Algérie 2015, Meriem Brik écume les podiums des défilés de mode en Algérie. De Constantine à Tlemcen en passant par Biskra, le mannequin qui détient une licence en anglais a fait le tour du pays avec sa démarche fluide et élégante. « Pour moi le top des top models est et restera Naomi Campbell. Quand un créateur me demande de me lâcher sur scène, j’essaye de limiter », glousse-t-elle. Dans sa tournée algérienne, Meriem Brik a déjà porté les créations de plusieurs stylistes algériens et internationaux, notamment un Grec et un Sud-Coréen.

Après avoir fait sensation lors de sa première participation à la Fashion Week d’Alger, Meriem Brik espère poursuivre sa carrière à l’étranger. « J’ai besoin de nouveaux défis et je sais que je pourrais m’améliorer en apprenant d’autres techniques. Je rêve aussi de représenter l’Algérie à l’étranger ».

Zina Driss

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1 Comment

  • LEILA 18 décembre 2016 17 h 07 min

    ses ce quand lui souhaiter !

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