Le féminisme 2.0 a-t-il un avenir en Algérie ?

Le féminisme 2.0 a-t-il un avenir en Algérie ?

Quel est l’impact des réseaux sociaux sur les rapports homme femme en Algérie ? A quoi sert le féminisme 2.0 dans notre pays ? Les blogueuses du Girl Power Algérien s’interrogent.

Dans cette chronique*, le Girl Power Algérien, des blogueuses féministes membres de la #GénérationInty, examine l’intérêt et l’impact du militantisme pour l’égalité entre les sexes sur les réseaux sociaux. Elles se demandent si l’engagement sur Facebook, Twitter, Youtube et autres médias sociaux peut faire évoluer les mentalités et servir la cause du féminisme en Algérie. Voici leur chronique :

Le blogging a-t-il un impact sur la cause des femmes ?

Les gens passent de plus en plus de temps sur internet, précisément 5 heures et 19 minutes par jour. Et plus spécialement sur les réseaux sociaux. Donc, il était plus qu’évident pour nous qu’il y avait matière à changer les mentalités sur la toile.

Malheureusement, il y a deux ans, quand nous avons eu l’idée de créer notre blog et d’ouvrir la page Facebook puis Instagram, il y avait surtout des pages qui parlaient de mariage, de trousseau, de maquillage, de popote. Mais pas de pages qui parlaient de la cause féminine et du féminisme.

Nous avions le désir d’avoir une page ou un blog qui nous ressemblait, qui nous parlait et qui nous représentait. Mais aussi un blog qui nous l’espérions parlerait à d’autres femmes et permettrait de créer une communauté forte, solide pouvant faire évoluer les choses pour la cause des femmes.

féminisme algérie
Le féminisme 2.0 : qu’est-ce que c’est ?
« Féminisme à deux balles » ?

Deux ans après, nous sommes ravies de constater que les blogs et pages féministes fleurissent sur la toile algérienne : Des hommes et des femmes qui écrivent, partagent, échangent, débattent parfois avec humour, parfois à l’aide de dénonciation et essayent d’insuffler le changement.

Hélas, personne n’est à l’abri des critiques. Plusieurs fois, on nous reproche à nous mais aussi à d’autres que ce combat est trop virtuel, qu’il faudrait descendre dans les rues manifester pour ses droits, que ça ne servait à rien, qu’on ouvrait des pages simplement pour faire le buzz. Et même que notre féminisme était “un féminisme à deux balles”.

A fin de répondre à nos détracteurs mais aussi de répondre à nos propres questions, nous avons lancé cette semaine sur la page du Girl Power Algérien, un sondage sur l’impact du blogging féministe sur la cause des femmes en posant la question à nos abonnés: Pensez-vous que le blogging féministe (blog, pages facebook, twitter …) apporte quelque chose à la cause des femmes ? Nous avons été ravies de constater que la majorité croyait en l’impact du blogging féministe, en effet : 78 % de oui contre 22% de non et des commentaires encourageants et positifs.

Libération de la parole

Beaucoup pensent que c’est un bon moyen pour informer et sensibiliser les gens à la cause des femmes mais aussi de corriger certaines idées reçues. Des plates-formes sont ainsi mises à la disposition des femmes pour s’exprimer. L’anonymat surtout leur permet de mettre des mots sur une expérience traumatisante de harcèlement et de trouver le soutien nécessaire auprès d’autres femmes dans la même situation, de cette manière, elles se sentent moins seules et plus fortes. Ces même femmes qui tissent des liens jour après jour et construisent une communauté soudée avec des idées communes qu’elles pourront mettre en place sur terrain.

Du virtuel au réel

Et si le blogging féministe n’était en réalité que la première étape pour créer le changement ? Exemple, le blog participatif The Everyday Sexism Project, lancé en 2012 au Royaume-Uni, s’est rapidement doté d’une vingtaine de versions étrangères, tenues par des bénévoles. Et ses actions se multiplient. “Nous intervenons dans des écoles et des universités pour discuter avec les jeunes de sexisme et de harcèlement, détaille sa fondatrice de 27 ans, Laura Bates. Nous travaillons également avec la British Transport Police sur le ‘Project Guardian’ [destiné à réduire le nombre d’agressions sexuelles dans les transports en commun]: nous avons regroupé 2000 témoignages de femmes victimes d’abus sexuels dans les transports, qui ont servi à former 2000 agents spécialisés. Après notre campagne de sensibilisation en ligne, le nombre de plaintes a augmenté de 20% et le nombre d’agresseurs démasqués, de 32%.”

Aujourd’hui, il est plus que manifeste que les blogs féministes ont toutes leurs chances d’impacter le changement à coup d’articles, de posts et de tweets même si certains les voient d’un mauvais œil. Les nombreuses communautés qui voient le jour sur les différents réseaux sociaux sont en train de créer une vague qui fera bientôt parler d’elle dans les médias et finira, nous l’espérons, par sortir sur terrain sous forme de mouvements associatifs.

*Cette chronique a été publiée au préalable sur le blog du Girl Power Algérien

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