Journal d’une (céli)battante : Un moment d’égarement #2

Journal d’une (céli)battante : Un moment d’égarement #2

Les tribulations de Kenza, une Algérienne de 30 ans, qui cherche l’amour envers et contre tous.

Précédemment : « Un moment d’égarement #1 »

Des bouquets de roses tous les matins, des chansons sentimentales avant de se coucher, des restaurants hors de prix et une pluie de diamants. Pour me reconquérir, « l’autre » a sorti le grand jeu. D’où lui est venu cet élan romantique, lui qui ne l’a jamais été ?

L’autre m’a traité comme une princesse cet été. Ma mère était aux anges, elle voulait une réconciliation et clore ce chapitre. Mon père n’avait pas été mis au courant. C’est que je doute qu’il pardonne un jour à « l’autre ».

Et moi ? Lui ai-je pardonné ? Jamais ! Je n’ai aimé aucun des moments passés avec lui durant notre « réconciliation ». J’avais l’impression d’avancer en arrière. Le pire, c’est que tout sonnait faux : son rire, ses gestes, son attention. Je le voyais imiter quelqu’un d’autre. Celui que j’ai fréquenté pendant des années n’a jamais été du genre « gendre idéal ». Et je ne crois pas que les gens changent si vite et autant.

Cette pseudo-relation je ne l’ai assumé auprès de personnes à part ma mère et ma tante Zohra. C’est aussi à cause de ça que je t’ai abandonné cher journal toutes ces semaines.

J’ai cherché longtemps à savoir ce qui m’a poussée cet été dans les bras de l’autre. A jouer la comédie des retrouvailles. J’ai fini par comprendre que mon orgueil avait pris le dessus. J’aimais me pavaner devant ma mère avec un nouveau Louis d’or autour du cou et la voir – enfin – fière de moi. J’ai adoré gesticuler mon bras couvert de bracelets en or sous le nez de tante Zohra, elle qui m’avait proposée de me caser avec un homme marié car je ne méritais pas mieux, à ses yeux, que le rôle de deuxième épouse. J’avais l’impression de prendre ma revanche sur la vie. C’est un sentiment puissant, surtout chez nous !

J’ai heureusement vite compris que je me mentais à moi-même. Le déclic est venu grâce à Faten. Comme toujours, mon alter ego, ma raison, mon guide dans la vie. Ma meilleure amie !

Nous étions installées dans un jardin cosy à boire une limonade fraîche et je faisais difficilement semblant d’écouter ce que « l’autre » racontait – une histoire de travaux, super la conversation ! – quand elle a débarqué comme une furie derrière mon dos. Elle m’a prise par le bras, m’a levée et m’a grondé comme une enfant. Elle s’est ensuite débarrassé de « l’autre » avec des mots hyper violents. En deux trois mouvements, nous étions dans sa voiture. Un vrai tourbillon cette Faten !

Elle s’est arrêtée devant une boutique high tech. Elle m’a acheté un nouveau téléphone, une nouvelle puce. Elle m’a forcé à rendre mon ancien smartphone et a aussitôt supprimé tous mes comptes sur les réseaux sociaux. « On reprend tout depuis le début khti. Et cette fois, je ne te lâcherai pas ! »

Récapitulatif :

épisode 1 « Khotba annulée »

épisode 2 « Coincée aux chiottes »

épisode 3 « Bande de filles »

épisode 4 « 47 appels »

épisode 5 « Celui qui s’invite de partout »

épisode 6 « Ménage de printemps »

épisode 7 « Proposition indécente »

épisode 8 « Crêpage de chignon »

*Le journal de la (céli)battante est un feuilleton où se mêlent fiction et réalité. Inty a créé le personnage de Kenza. En revanche, ces histoires sont basées sur des faits réels, inspirés de la vie de plusieurs Algériennes qui ont accepté de se confier. 

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