Comment se prémunir contre la crise du choléra en Algérie ?

Comment se prémunir contre la crise du choléra en Algérie ?

L’Algérie a fait un bon dans le passé avec le déclenchement fin août d’une crise du choléra à Alger et Bouira notamment. A ce jour, 47 personnes ont été contaminées et deux patients ont trouvé la mort. Comment détecter cette maladie ? Quels gestes adopter pour se protéger du choléra ? Décryptage.

La panique n’est pas tout à fait retombée, près d’une semaine après l’annonce officielle du début d’une crise de choléra en Algérie. Alimentée par un tapage médiatique sur les chaines de télévision et les réseaux sociaux, la psychose qui gagne les Algériens provoque une saturation des capacités d’accueil des deux services spécialisés dans les maladies infectieuses de la région du centre, à savoir Boufarik et El Kettar.

C’est à Blida que le nombre de cas le plus élevé a été enregistré, avec plus de 50 hospitalisations et 22 cas confirmés. À Alger, les médecins ont enregistrés 14 cas dont 5 confirmés. À Tipaza, on a recensé 18 cas dont 11 confirmés. À Bouira, on a comptabilisé six cas dont trois confirmés. Au total, le choléra a contaminé 47 personnes et 147 individus se trouvent dans un hôpital, à ce jour. Pour rappel, le dernier cas de choléra en Algérie remontait à 1996 et la dernière épidémie meurtrière à 1986.

La dernière épidémie meurtrière en Algérie date de 1986.

Dans le monde, selon l’OMS, il y a chaque année 1,3 à 4 millions de cas de choléra. Ce dernier tue entre 21 000 à 143 000 personne par an à travers le globe. Le choléra reste une menace pour la santé publique et un indicateur de l’absence d’équité et de l’insuffisance du développement social.

Causes : D’où vient le choléra ?

Nous ne connaissons pas encore avec certitude l’origine de la contamination. L’enquête, diligentée par le ministère de la Santé, se poursuit. Selon les tests effectués jusqu’à maintenant, l’eau provenant des canalisations contrôlées (AEP) de l’Algérienne des eaux est de bonne qualité bactériologique et donc non-incriminée dans l’épidémie. Par contre, l’analyse des échantillons d’eau de certaines sources (non contrôlées), prélevées à Blida et Tipaza, a montré qu’il s’agit d’une eau d’une mauvaise qualité bactériologique. La piste de la contamination des fruits (pastèque, melon non lavés) ou légumes pouvant être consommés crus (carotte, tomate, concombre…) irrigués par une eau polluée par des matières fécales est aussi suivie.

Qu’est-ce que le choléra  ?

D’après la définition de l’OMS, le choléra est une maladie diarrhéique aiguë, très contagieuse, à transmission fécale-orale, provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par le bacille Vibrio cholerae. Le choléra peut s’avérer une maladie mortelle en quelques heures en l’absence de traitement. Les jeunes enfants, les personnes âgées et les individus avec un système immunitaire fragile sont les plus exposés.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes du choléra peuvent apparaître dans un délai de 6 heures à 10 jours après l’exposition à la maladie, mais ils apparaissent généralement dans les 2 à 3 jours.

L’infection peut entraîner une gamme de symptômes, parmi lesquels :

  • diarrhée aqueuse abondante toute les demie-heures, sans douleur et sans fièvre
  • les selles sont liquides, inodores, claires comme de l’eau ou grisâtres dans laquelle nagent des menus flocons blancs comme des grains de riz
  • vomissements de liquide clair
  • crampes douloureuses au niveau des mollets.
  • nausées.

La plupart des personnes infectées par la Vibrio cholerae ne présente pas de symptômes, mais elles peuvent tout de même transmettre la maladie à d’autres. Environ 5% des personnes infectées présenteront des symptômes graves. Une personne infectée qui ne reçoit pas de traitement peut rapidement perdre des fluides corporels, ce qui entraîne une déshydratation rapide et mortelle en absence de traitement.

Une maladie contagieuse

Les bactéries Vibrio cholerae sont relâchées avec les selles des personnes infectées. Une personne peut excréter la Vibrio cholerae dans ses selles pendant plusieurs mois. Cependant, la plupart des personnes cesse d’excréter les bactéries de 2 à 3 jours après la disparition de leurs symptômes.

Sont donc dangereux  :

  • Le malade
  • Ses vêtements et sous-vêtements, linge, serviettes, vaisselle etc.
  • Les sanitaires qu’il a utilisé
Quel traitement contre le choléra ?

Le choléra est une maladie facile à traiter. On peut soigner la majorité des sujets atteints en leur administrant rapidement les sels de réhydratation orale (SRO). Dans les cas sévères, un traitement rapide par perfusion de liquide et d’antibiotiques par voie intraveineuse s’impose. Avec une prise en charge rapide et adaptée, le taux de létalité devrait se maintenir en dessous de 1%.

Les vaccins anticholériques par voie orale sont un moyen complémentaire de lutte mais ne doivent pas remplacer les mesures classiques. Il existe actuellement 3 vaccins anticholériques oraux (VCO) pré-qualifiés par l’OMS: Dukoral®, Shanchol™, et Euvichol®. Pour les 3 vaccins, 2 doses sont nécessaires pour conférer une protection complète.

Quels gestes adopter pour se protéger du choléra ?
  • Bien se laver les mains avec de l’eau et du savon. Surtout en sortant des toilettes.
  • Ne boire que de l’eau potable contrôlée. Si la maison n’est pas alimentée en eau potable, faire bouillir l’eau pendant 5 minutes au moins et ajouter 2 à 3 gouttes d’eau de javel dans un litre d’eau.
  • Laver soigneusement les crudités à l’eau javellisée.
  • Garder les aliments cuits loin des aliments crus et les conserver à une température adéquate.
  • Veiller à organiser et à garder les puits fermés et ne pas jeter les ordures à proximité de ces derniers.
  • Eviter la visite des malades jusqu’à leur guérison complète.

 

 

 

Samia Sad

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