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Témoignage. Ma vie de femme dans le Sud

Témoignage. Ma vie de femme dans le Sud
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A quoi ressemble la vie d’une femme envoyée dans le Sud ? Hana, notre blogueuse experte en beauté, raconte sa vie dans une base vie d’une exploitation pétrolière, dans le désert algérien, peuplée essentiellement d’hommes. 

Tu me connais peut-être comme Hana de la page Facebook “Beauté avec Hana”. Aujourd’hui, je tiens à te faire découvrir ce qui se cache derrière, loin des paillettes et du maquillage. Derrière tout ça, se cache une fille passionnée par l’univers de la beauté et de la mode mais dont le quotidien n’a rien à voir avec ce domaine.

Férue de maths et de physique, j’ai choisi de suivre un cursus universitaire technique pour devenir ingénieur, un domaine dominé par la gente masculine, de l’université à l’entreprise.

Ma vie au chantier

A la fin de mes études, j’ai intégré une multinationale pétrolière. Au sein de l’entreprise, les filles se font très rares. On met de côté notre féminité pour mieux s’intégrer, car dans cet environnement masculin, nos collègues n’ont ni l’habitude ni l’ouverture d’esprit pour accepter de travailler au quotidien avec des femmes.

Au Sud, on travaille loin de tout et surtout dans des conditions précaires.

La vie au chantier est loin d’être agréable. Mais elle forge la personnalité et nous apprend à être patiente et forte de caractère. On y passe un mois sur deux. Le chantier devient un peu notre deuxième maison, il faut donc s’y accommoder et s’habituer à travailler de nuit comme de jour, tout en se donnant au maximum.

Au Sud, on travaille loin de tout et surtout dans des conditions précaires : pas d’eau chaude à souhait, pas de réseau, pas de lit confortable, pas de toilettes acceptables. Et pas de maquillage – les femmes coquettes comme moi comprendront le “drame”.

Les mains dans le cambouis

Le travail sur le chantier est assez physique et très salissant. Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis retrouvée avec de la graisse sur le visage ou de la boue pleins les cheveux et des mains complètement noires.

Là-bas, être à la mode devient le cadet de nos soucis puisqu’on porte une combinaison à longueur de journée. En revanche, même au milieu du désert, je ne néglige pas les soins de la peau, étant donné toutes les agressions qu’elle subit.

Au début, j’ai eu peur pour ma sécurité.

Au début, j’ai eu peur pour ma sécurité. On m’a attribué des chambres qui ne ferment que de l’extérieur sur le chantier. Il m’arrivait alors de ne pas arriver à fermer l’œil de la nuit. Mais, comme pour tout ici, on finit par s’habituer.

J’ai évolué pour passer à un travail de bureau mais l’entourage est resté le même : exclusivement masculin. La charge de travail aussi. Je passe en moyenne 12 heures par jour au travail.

Manager des hommes de 48 wilayas

Dans la base vie, on rencontre des personnes venues des 48 wilayas du pays. Imagines à quel point les mentalités peuvent être très différentes et assez conservatrices la plus part du temps ! Les hommes que je croisent ne comprennent pas toujours ce qu’une femme vient faire ici. Certains n’acceptent pas de recevoir mes ordres sous prétexte que je suis une femme.

J’avoue que c’était très difficile à mon arrivée : la solitude, la pression du travail, le regard des hommes et un environnement hostile. Tout cela n’est pas facile à endurer. Mais, ce sont justement ces difficultés qui forgent la personnalité et nous rendent encore plus fortes.

Aujourd’hui, je ne fais plus attention aux regards hostiles et aux remarques indirectes. S’ils ont pu m’affecter au départ, tout s’est dissipé une fois que j’ai su m’imposer dans ce milieu et gagner le respect des autres, voire même leur admiration. Tu te demandes comment j’y suis parvenue ? En montrant ce dont j’étais capable, en redoublant d’efforts et en me comportant toujours de manière respectueuse.

La femme algérienne est devenue plus forte.

C’est là, au milieu de nulle part et entourée de collègues mecs, que j’ai décidé de lancer mon blog beauté pour partager les connaissances que j’avais acquises au fil du temps. Ce blog allait me permettre de regagner ma féminité, en prenant soin de moi sans pour autant me maquiller ou m’habiller selon les tendances.

Je ne suis pas une exception. Je trouve que la femme algérienne est devenue plus forte. De plus en plus de filles intègrent des positions dans des domaines qui ont été très longtemps essentiellement masculin. La société et les mentalités évoluent. Les Algériennes ont su s’imposer dans tous les domaines et gagner le respect de leurs collègues. C’était un long combat mais avec de la persévérance et de la volonté, on y arrive. J’encourage donc vivement les femmes qui veulent poursuivre ce genre de carrière à oser !

Hana de “Beauté avec Hana”

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1 Commentaire

  • ahmed 27 février 2017 19 h 54 min

    the article made me laugh, it showed how rigged out our recruiting system, recruiting female workers just for their gender, the concern of this writer is hot water and a work with no mess, i say to this kind of workers you should stay at home, let others who are craving for such opportunity, you don’t diserve to work in the oil field.

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