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Que sais-tu de la dépression ?

Que sais-tu de la dépression ?

Grand sujet tabou qui commence tout juste à se briser, la dépression reste la pathologie psychiatrique la plus traitée en Algérie (dans le privé).

Comme la plupart des maladies psychiatriques la dépression est souvent un état négligé par le patient ou par son entourage. La dépression n’étant pas considéré comme une pathologie, les patients sont souvent réticents à consulter.

Depuis quelques années la perception de la psychologie a évolué en Algérie. Les Algériens, quelque soit leur niveau d’instruction, socio-économique ou le milieu dans lequel ils évoluent, hésitent de moins en moins à aller voir un psychiatre, particulièrement dans le privé.  La dépression est de plus en plus connue et considérée comme un état pathologique nécessitant un traitement.

Dépression ou déprime passagère ?

 

L’état dépressif n’est pas toujours perceptible, même pour le patient atteint. Ce dernier a du mal à en reconnaitre les symptômes, étant nombreux et divers et qui vont du simple état de fatigue chronique accompagné d’un ralentissement général dans tous les domaines de la vie quotidienne aux envies suicidaires.

Dans les cours de psychiatrie la dépression “qualifie des symptômes et des syndromes caractérisés fondamentalement par une perturbation pathologique de l’humeur, qui s’oriente et se fige dans le sens d’une tristesse rendue anormale par son intensité excessive et /ou sa durée  prolongée”. Une définition trop compliquée, je préfère la qualifier de tristesse engendrant une véritable douleur et une profonde souffrance. Incapable à éprouver du plaisir, le dépressif est anxieux  et morose, l’avenir lui parait sans espoir, le quotidien triste et monotone, la vie n’a plus d’importance. Contrairement à la déprime l’état dépressif perdure et peut s’aggraver si le traitement n’est pas établie.

Plus de risques pour les femmes ?

La dépression n’est pas une maladie exclusivement féminine, mais les statistiques montrent que les femmes sont le plus souvent concernées, la physiologie étant différente selon le sexe, les femmes réagissent d’une manière spécifique au stress, la faute aux hormones. Nos ovaires sécrètent de la progestérone qui interfère sur les hormones du stress et empêche de les réduire; il y a aussi les bouleversements hormonaux au cours de la vie d’une femme qui la rendent plus vulnérable.

Quelle dépression pour quel cycle de ma vie ?

La vie d’une femme est régulée par un certains nombre d’hormones selon l’âge ou la période on distingue 4 types de dépressions :

  • Le trouble dysphorique pré-menstruel : deux semaines précédant les règles, la femme ressent un changement de son humeur une certaine irritabilité allant même vers la dépression grave, état disparaissant à la survenue des menstruations.
  • La dépression post-partum : état dépressif survenant quelques mois après un accouchement.
  • La dépression périnatal :  elle apparait les mois entourant une grossesse.
  • La dépression méno-pausique : la dépression pré et post ménopause.
  • Il est évidant que les fluctuations hormonales du cycle reproductif féminin n’est pas l’unique cause des états dépressifs, d’autres facteurs aussi nombreux et variés peuvent entrer en jeu.

Ma vie, mes blessures, mes traumatismes…et la dépression

Le passé, les facteurs sociaux, économiques et culturels agissent considérablement sur l’affect et la psychologie de la femme, la multiplicité de ses rôles (maternité, travail, gestion du foyer…). L’oppression sociale, l’inégalité dans la répartition des tâches sont des facteurs de risque tout aussi importants. C’est la combinaison de tout cela qui augmente le risque de dépression.

La dépression n’est pas une fatalité

 

Aujourd’hui être dépressive n’est plus considérée comme un état sans espoir, bien au contraire la prise en charge en ambulatoire c’est beaucoup améliorée et les chances de guérison ont augmentés. Une bonne psychothérapie associée à des anti dépresseurs avec ou sans anxiolytiques a changé la vie de nombreux malades, qui ont vu leur quotidien s’améliorer. Garder espoir même si cela parait difficile, accepter l’aide pour mieux affronter les douleurs et les traumatismes de la vie, se faire entendre et écouter sont les éléments clés d’une psychothérapie réussie. La dépression aujourd’hui n’est absolument plus une fatalité.

Imene Amani

Lire aussi :

Ma dépression, mon combat

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