Portrait de Laëtitia Madjene : championne du monde de Full-Contact

Portrait de Laëtitia Madjene : championne du monde de Full-Contact

2015 a été une année marquante pour Laetitia Madjene ;  à 29 ans, elle est sacrée Championne du Monde de Full-Contact, un sport qui à la particularité d’autoriser pieds et poings mais sans frappes aux jambes. Aujourd’hui, la jeune femme d’origine franco-algérienne savoure ses 18 victoires après une ascension remarquée.

Bonjour Laetitia, peux-tu nous raconter ton parcours ?

J’ai commencé la boxe à l’âge de 6 ans, en fait c’est mon père qui m’y a initiée car il était entraineur à l’époque. Ma mère de son côté était footballeuse, j’ai également essayé ce sport mais ça n’a pas vraiment marché pour moi.

Je pratiquais la boxe avec mes soeurs mais nous avons du arrêter après un déménagement. J’ai eu beaucoup de coupures dans ma pratique de ce sport mais j’ai toujours gardé la même motivation. 

En l’espace de 5 ans, j’ai décollé niveau compétitions. A la base, je voulais juste être championne de quelque chose, le régional m’intéressait puis j’ai visé le titre de championne de France. Championne du Monde c’est arrivé petit à petit, l’équipe de France m’a repérée et m’a proposé une compétition internationale, c’était ma 1ère Irish Open en mars dernier.

Quelles ont été les difficultés que tu as rencontrées ?

Il n’y avait pas beaucoup de filles à l’époque où j’ai débuté, ça a vraiment changé lorsque j’ai commencé à m’entrainer dans un club près de Montpellier et j’ai pu y faire plus de combats. Travaillant dans la restauration, il était difficile au départ de trouver des aménagements mais avec de la motivation j’ai réussi à me mettre à fond dedans.

L’autre difficulté est que la boxe n’est pas un sport très féminin. Il faut faire preuve de sérieux et montrer que tu sais boxer. Quand j’étais plus jeune, ce sport était très fermé et les femmes étaient souvent mises de coté. Au début, il fallait affronter certains boxeurs pour se faire respecter et prouver que nous avions aussi notre place dans ce sport. 

Depuis mon titre de Championne du Monde, j’ai beaucoup pris confiance en moi et en ma boxe. Je me suis vraiment vue faire une carrière à l’international et les médias ont commencé à s’intéresser plus à moi.  

Quelle est l’hygiène de vie d’une championne ?

Je m’entraîne surtout le soir et je dois concilier mon activité professionnelle avec ma passion pour la boxe. Le sommeil est très important pour moi, en journée j’évite de trop me fatiguer pour être en forme. Lorsque je suis en préparation physique pour les combats cela demande beaucoup de rigueur et de privations.

Je mange uniquement ce qui est utile pour l’entrainement ; j’évite les pizzas par exemple… Je pense aussi à prendre des compléments alimentaires et à consommer des protéines. Quand je ne m’entraîne pas, j’en profite à fond pour manger ce que j’aime, j’ai toujours été une bonne vivante et je ne veux pas toujours me priver ! 

Quels conseils donnerais tu à toutes les filles qui veulent se lancer dans des sports difficiles ?

C’est une question de tempérament, il ne faut jamais rien lâcher. C’est vrai ce que l’ont dit : le travail paye, si tu t’entraine durement à la fin tu seras récompensée. Je me suis donné les moyens de devenir championne du Monde et j’ai réussi ! Pour moi la boxe c’est comme la vie; si tu prends des coup dans la tête tu ne dois pas baisser ta garde, te relever et avancer. J’ai commencé très jeune et pour moi c’était une évidence.

La réaction des hommes (des sportifs du milieu, des entraîneurs, de ton entourage) ?

Quand je ne suis pas sur un ring, j’adore être féminine. Les hommes sont assez étonnés que je fasse de la boxe. Dans mon milieu, je suis connue grâce aux médias. On s’attend souvent à ce qu’une championne du monde ait le visage défiguré, cela intrigue énormément. Le regard des gens changent bien sûr, mais pour moi ça n’a pas vraiment changé, j’ai encore l’impression d’être débutante. Les combats sont filmés, je note toutes mes erreurs mais aussi mes points forts pour voir ce qu’il me reste à améliorer. 

La réaction des filles ?

Les gens qui me connaissent bien m’ont dit que c’était une évidence. J’ai toujours été une battante. Mes proches sont très fiers de mon parcours et je remercie tout ceux qui m’envoient énormément de soutien. 

Aller plus loin : Les Algériennes à la conquête des sports masculins

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