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Nouvelle Vague : Ils font le cinéma algérien

Nouvelle Vague : Ils font le cinéma algérien

Ils incarnent le renouveau du cinéma algérien. Malgré des conditions de production dantesques, ces cinéastes entreprennent, innovent et gagnent des prix.

Le cinéma algérien est mort, vive ses cinéastes ! La situation est connue de tous : une économie du septième art shootée aux subventions publiques, des salles et des studios clos, un réseau de distribution inexistant. Mi-mort, mi-vivant, le cinéma algérien sommeille depuis le milieu des années 1980.

Dans ces conditions, plus d’un aurait raccroché sa caméra. Mais chez eux l’envie de raconter des histoires est inébranlable.

Eux, ce sont la relève du cinéma algérien. Ils sonnent le réveil du bel endormi dans un style qui tranche nettement avec les grandes épopées nationalistes et les comédies façon « Inspecteur Tahar ». Inspirés par le cinéma indépendant, leurs créations sont épurées, engagées, pointues. Elles frisent l’élitisme. C’est encore Malek Bensmail, le réalisateur de « Contre-Pouvoir » qui a dirigé certains de ces nouveaux cinéastes, qui résume le mieux l’état du septième art en Algérie aujourd’hui : « Le cinéma algérien n’existe plus mais il y a des talents ».

Karim Moussaoui

Sa carrière connaît un tournant lorsqu’il participe au Maroc à un atelier d’écriture de scénario. Une productrice française lit son premier jet. Elle est conquise. Il repart avec l’appui nécessaire pour produire son premier moyen-métrage. « Les Jours d’Avant » est l’histoire d’une rencontre impossible entre Djaber et Amina, deux jeunes lycéens alors que la violence éclate au début des années 1990. Dans le circuit des festivals internationaux, Karim Moussaoui remporte plusieurs prix prestigieux. Il est également honoré d’une nomination aux Césars 2015 !

Le cinéaste de 38 ans originaire de Jijel s’attelle depuis à la rédaction de son premier long-métrage.

Hassen Ferhani

Il voyage de ville en ville, de continent en continent, de récompense en récompense. Avec son documentaire sur les abattoirs d’Alger, « Fi Rassi Rond Point », l’ex-stagiaire de Malek Bensmaïl a raflé une douzaine de prix.

Pour aller plus loin : critique de Fi Rassi Rond Point

Yanis Koussim

A bientôt 40 ans, il se lance dans le cinéma de genre. Et pas des moindres : le film d’horreur ! Le réalisateur des courts-métrages multi-primés, « Khouya » et « Khti », termine la première version de son scénario.

Dans le même temps, le cinéaste originaire de Sétif espère conclure le chapitre « Alger by night ». Son premier long-métrage, un documentaire sur les nuits algéroises, n’est pas encore abouti, la faute à un litige avec l’ancien producteur.

Yasmine Chouikh

yasmine chouikh on the set 1

A 34 ans, elle est en train de réaliser son rêve : filmer son premier long-métrage, le saint Graal pour tout metteur en scène. Le tournage a lieu en ce moment même à Mostaganem. Yasmine Chouikh dirige l’équipe de « Jusqu’à la fin des temps », une comédie noire sur une femme qui décide d’organiser ses propres funérailles.

La jeune cinéaste s’est fait connaître avec « El Bab », réalisé en 2006, et surtout « El Djinn », sélectionné au Marché du film court du festival de Cannes en 2010.

EL DJINN from Yasmine Chouikh on Vimeo.

Bahia Bencheikh El Fegoun

Son cinéma est résolument engagé et féministe. Son documentaire « Hna Barra » a été salué par la critique l’an passé. Il suit le parcours d’une jeune Algérienne qui décide de retirer son voile. Plus largement, le film discute de la place de la femme dans l’espace public en Algérie.

Dans sa lancée, la cinéaste de 39 ans finit le montage de son nouveau documentaire. Il est question cette fois d’interroger la notion de citoyenneté.

Amine Sidi-Boumediène

Des sciences fictions futuristes dans des décors pourtant bien réels, films de Amine Sidi-Boumediène ont un cachet spécial. Le jeune cinéaste a produit deux remarquables courts-métrages, « Demain Alger ? » et « El Djazira » pour lequel il a été désigné meilleur film du festival d’Abu Dabi en 2012.

Mounes Khammar

Scénariste, réalisateur, producteur, Mounes Khammar porte plusieurs casquettes. Le fondateur de la société Saphina Production voyage régulièrement jusqu’à Laghouat où il tourne depuis un an un docu-fiction.

Mounes Khammar est connu pour avoir produit le premier long métrage étranger sur le sol algérien, en l’occurrence « La trahison » de Philippe Faucon. Il a également participé à la réalisation du documentaire « El Gusto » sur le groupe de musique chaabi éponyme.

Lyes Salem

Impossible d’oublier Lyes Salem le touche-à-tout qui a conquis les Algériens par le rire. Le réalisateur, scénariste et acteur a rencontré son premier succès en 2008 avec la sortie de son film Mascarades. Cette comédie tourne en dérision le poids de la société et le rapport au mariage dans un village imaginaire en Algérie. Ce film aux allures de fable algérienne a été salué par la critique et a récolté de nombreux prix dont celui du meilleur film lors du Festival International du Film du Caire-Compétition arabe.

Le réalisateur a refait parler de lui en 2014, avec L’Oranais, une fiction historique sur l’Algérie post-indépendance. Malgré quelques critiques de la part d’associations d’anciens combattants, le film a été salué et largement diffusé en Algérie. Il aura eu le mérite « d’appuyer là où ça fait mal », expliquait Lyes Salem à RFI.

Lyes Salem écrit actuellement un troisième long-métrage, on ne sait pas s’il se laissera tenter par l’humour ou le drame, mais on est impatient de revoir le travail de Lyes Salem sur grand écran.

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