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Mon pays est-il (devenu) raciste ?

Mon pays est-il (devenu) raciste ?
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Avec l’expulsion massive de migrants subsahariens, l’Algérie montre un triste visage. Mais ces dérives xénophobes ne sont pas dignes de notre pays. Edito.

Je ne sais pas ce qui me désole le plus : la brutalité avec laquelle plus d’un millier de migrants subsahariens – parmi lesquels des femmes enceintes et des nouveaux nés – ont été parqués comme des animaux dans des centres, avant d’être reconduits dans leur pays respectif sans en être informés ; les journalistes – y compris ceux travaillant pour des titres de presse soi-disant indépendants – qui voient un respect du droit international là où il n’y en a pas ; ou encore le mutisme, voire la satisfaction, de mes concitoyens.

Aux carrefours, on tend systématiquement une pièce aux familles venues de Syrie alors qu’on se contente d’un “Allah ynoub” devant un réfugié originaire d’Afrique subsaharienne. Un migrant n’en vaut-il pas un autre ? Bien sûr, il est impossible de distribuer sa monnaie à tout va mais pourquoi cette discrimination ? Sur quel fondement surtout : la couleur de peau ? La religion ? Si c’est le cas, sait-on seulement qu’au sein des réfugiés syriens se trouve une communauté chrétienne et que de nombreux migrants subsahariens, vivant en Algérie, sont de confession musulmane ? De bons musulmans, comme nous…

Gouvernés par des Donald Trump algériens

L’Algérien sera le premier à tacler les gouvernments occidentaux pour leur politique anti-immigration sur les réseaux sociaux. Il ne se prive pas non plus de dénoncer le refoulement de ses compatriotes en situation irrégulière.

Mais ne sommes-nous pas en train de nous comporter comme les grandes puissances étrangères que nous méprisons ? Ouvrons les yeux, ce sont des Jean-Marie Le Pen, des Donald Trump algériens qui nous gouvernent et nous lobotomisent. L’Algérie, qui, il n’y a pas si longtemps, était l’un des chefs de file du mouvement tiers-mondiste, mérite mieux que les Ksentini et autre Benhabylès. Ceux-là qui, au lieu de défendre le droit humanitaire dans notre pays, le piétinent effrontément.

C’est un fait : les migrants subsahariens ne transitent plus par notre sol, ils l’occupent durablement. Ils bâtissent nos maisons, nettoient nos cages d’escalier, cueillent nos légumes. L’Algérie est devenue ces dernières années, par la force des choses, une terre d’immigration. Au moment où elle s’ouvre aux investisseurs africains, espérons qu’elle devienne aussi une terre d’accueil et de tolérance.

Notre pays ne pourra pas accueillir tous les réfugiés d’Afrique ou du monde. C’est certain, aucun pays ne le peut. Ce que l’Algérie peut faire, en revanche, c’est redevenir humaine !

La rédaction d’Inty

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