Chercher

#Miso. Une femme ministre en Algérie est forcément “aguichante”

#Miso. Une femme ministre en Algérie est forcément “aguichante”

Les filles arrêtez tout ! N’ayez pas trop d’ambitions dans la vie, ne révisez pas, ne travaillez pas trop. On vous dit ça parce que d’après un édito que nous avons  lu dans l’Expression il semblerait qu’en Algérie on obtient le pouvoir seulement en aguichant. 

C’est dommage, il avait sorti sa plus belle plume, exposé un superbe vocabulaire et même cité du Maupassant ! Le directeur de l’Expression avait une folle envie de brosser le portrait de la Ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication. Il a alors écrit “La Duchesse de Sidi Bel Abbès”. Titre original,  démarche intéressante… Enfin jusqu’à ce qu’on apprenne que du “haut de ses escarpins Zara, cette femme sent le crottin”. Ah quand même ! Voilà l’ambiance est posée. Mais ce que tu ne sais pas c’est qu’il s’agit seulement d’un amuse-gueule qui permet de mieux introduire une salve de remarques misogynes à propos de cette femme ministre.

A la fin de cet éditorial, nous mêmes en tant que femmes, avons pensé qu’il était insensé de confier un ministère à une femme en Algérie. C’est dire la puissance de ce papier ! Puis nous l’avons relu une deuxième fois – parce que notre petit cerveau de femme incompétente ne comprend pas tout tout de suite –  et nous avons eu la légère impression qu’être femme ministre, et bien ça fait toujours aussi tâche dans le pays.

L’article n’y va pas de main morte et décrit Houda Iman Faraoun comme une serial séductrice. Le gouvernement serait-il devenu le basic instinct algérien ? La ministre “a su les séduire” parce qu’elle est “belle et aguichante”. Elle est comparé au Bel Ami de Maupassant, personnage illustre du roman qui  sait “draguer et de séduire à mort ses victimes”.

“Et parce qu’elle a su les séduire, comme seule est capable de le faire une femme avisée et ambitieuse, Houda Iman Faraoun, 37 ans, belle et aguichante”

Que l’on soit en désaccord avec la vision de Houda Iman Faraoun, c’est une chose. Justement la remise en question d’une politique est indispensable dans une République. On peut ne pas estimer la personne, ce qu’elle représente, ce qu’elle est, sa manière d’assurer ses fonctions. C’est légitime. L’éditorialiste explique d’ailleurs, au milieu de l’article, ses erreurs de gouvernance.  Mais ne pouvait-il pas élever ces arguments là plutôt  que d’insister sur ses talents de séductrice ? Nous ne sommes pas là pour parler de politique mais plutôt de représentation de la femme en général. De toutes les critiques à faire à la ministre, MonsieurleDirecteurdelExpression semble insister sur son plus gros défaut : celui d’être une femme. Pour un homme ministre aurait-on fait les mêmes remarques ? Aurait-on sous-entendu que ses charmes lui auraient offert le pouvoir sur un plateau ? Pas sûr.

Autre passage d’anthologie (notre préféré !)

“L’expérience d’avoir confié les rênes d’un département ministériel aussi stratégique et vital pour l’économie nationale à une femme, réduite à l’état de potiche parce qu’elle serait tout simplement bardée de diplômes, et la tête regorgeant de théorie, a abouti fatalement à une conséquence catastrophique.”

Mais c’est vrai ça qui a mis cette “potiche” à la tête du secteur des télécoms où l’Algérie – comme on le sait tous – est leader mondial ? Heureusement la vérité est rétablie grâce à cet éditorial d’une franchise perturbante. Tous ces témoignages de directeurs masculins nous prouvent d’ailleurs que Madame Feraoun n’est pas à sa place, fini de jouer à la ministre parce qu’on a plein de diplômes ! Elle a même piégé l’éditorialiste qui l’a élevé au rang de reine en quelques lignes. Il l’appelle au début de l’article la duchesse et fini par demander que l’on mette fin à son règne. On voit désormais très clair dans son jeu. Merci l’Expression d’être garant de la supériorité masculine.

La rédaction de potiches (ndlr : cet article est plein de second degré, de sarcasmes et d’ironie)

Lire aussi sur Inty :

#Miso : Pour une vraie Algérienne, si son mari ne la frappe pas, il n’est pas viril

#Miso Un match de football filles VS garçons fait polémique

#Miso : Le sexisme le plus dur est celui pratiqué par les femmes

Vous aimerez sans doute

1 Commentaire

  • Benyahia manel 5 avril 2017 11 h 47 min

    pays de complexés qui n’arrivent juste pas à accepter la femme et qu’elle a un rôle essentiel dans la société, on voit que même avec des gens bien instruits et soit disant détiennent la médiatisation et la propagande qui doivent normalement utiliser leur plumes pour faire apparaître les situations graves dans le pays et être objectifs parle d’une jeune ministre, qu’il aille voir la ministre de l’éducation en france Najat Vallaud-Belkacem avec son jeune age a réussi d’avoir le poste d’une ministre .Mais Pourquoi ne pas parler des ministres( homme bien sur) et les députés qui sont pas à leur place qui foutent le pays dans le grand n’importe quoi?? critiquer son travail avec objectivité aurait été plus intelligent mais l’attaquer pour sa place c’est complètement ridicule car en Algérie y’a des hommes qui savent meme pas formuler deux phrases correctes et détiennent du pouvoir??? voilà la presse algérienne et cela ne fait que montrer le bas niveau

Laisser un commentaire

*

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer