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#Miso Un match de football filles VS garçons fait polémique

#Miso Un match de football filles VS garçons fait polémique
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L’organisation d’un match de football, qui devait servir à dénoncer la discrimination des Algériennes dans l’accès au sport, est compromise. Sous la pression populaire, une des équipes participantes a jeté l’éponge. En cause : la mixité.

L’événement était censé dénoncer un des domaines d’inégalités entre les filles et les garçons en Algérie, peu souvent cité : l’accès et la pratique du sport. Il se heurte finalement à un mur de conservateurs, qui font pression pour son annulation.

A l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme le 8 mars, l’association Femmes en Communication (FEC), en partenariat avec ONU-Femmes et plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) algériennes, a voulu réunir sur un même terrain de football des filles et des garçons afin de mettre les projecteurs sur les inégalités de sexes dans le sport. “En Algérie, seuls 7% des licenciés d’un club sportif sont de sexe féminin. Plus de 80% des Algériennes ne pratiquent pas de sport régulièrement”, souligne une chef de projet à ONU-Femmes, contactée par Inty.

Un match de football mixte contre les discriminations 

Le match de football devait voir s’affronter les filles du CF Akbou, l’un des clubs de football féminin les plus importants du pays, face à une équipe de garçons. Cette rencontre mixte était prévue pour samedi 18 mars, au stade de Telemly à Alger.

“Notre objectif spécifique à travers l’organisation d’un événement sportif assez marquant (match de foot) et d’une campagne d’un mois, est de sensibiliser des ONG sportives composées de jeunes garçons ainsi que quelques administrations communales afin qu’elles puissent aménager des jours et des espaces où des filles/femmes pourraient faire du sport en sécurité”, explique FEC, sur la page Facebook de l’événement.

“On ne parle que d’enfants de 13 ans !”

Mais, l’initiative tourne au vinaigre mardi, lorsque le site de Maracana publie l’information sur sa page Facebook. Des commentateurs se pressent de déverser leur haine, des messages sexistes, misogynes et outranciers se multiplient, en l’espace de quelques heures. “On a compté environ 1.000 commentaires haineux et extrémistes contre ce projet”, s’étonne encore la chargée de mission à ONU-Femmes.

En cause : la mixité du match de football. Les adversaires de cette initiative ne reprochent pas aux organisateurs d’opposer des filles et des garçons parce que la rencontre pourrait être déséquilibrée au niveau sportif. Non ! C’est la cohabitation des sexes qui dérangent ces milliers d’internautes. “On ne parle que d’enfants de 13 ans !”, s’étonne une organisatrice.

 

 

 

Sous la pression populaire, le président du CF Akbou, Aomar Merabet, a annoncé ce mercredi, via un communiqué, qu’il retirait son équipe de l’affiche.

La mixité un problème en Algérie ?

Cette polémique éclate sur les réseaux sociaux algériens une semaine après qu’un chercheur en sexologie, Dr Smaïl Boulbina, ait remis en question la mixité à l’école. Cet universitaire a été accueilli par la Bibliothèque nationale à Alger pour animer un débat sur le thème “La mixité sexuelle à l’école est la cause numéro un de la violence scolaire”. Durant ce débat, qui s’est tenu le 8 mars dernier – en pleine célébration de la Journée internationale des droits de la femme -, ce médecin a incombé la responsabilité de l’échec scolaire des garçons à la mixité. Rien que ça !

L’événement contre les discriminations dans le sport sera-t-il malgré tout maintenu ? A trois jours du match, l’organisation de la rencontre autour des inégalités de sexe dans la pratique du sport semble incertaine. “La Ligue algérienne de football féminin nous a proposé d’organiser à la place deux matchs, d’un côté un match entre filles et d’un autre un match entre garçons. Nous tenons à ce que la rencontre soit mixte car séparer les sexes reviendrait à marginaliser encore une fois les filles. Une solution alternative serait de se résoudre à organiser un match entre filles seulement”, déplore la chef de projet ONU-Femmes.

Djamila OULD KHETTAB

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