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Mes romans algériens de l’automne

Mes romans algériens de l’automne

Dans les allées bondées du Salon du livre d’Alger (SILA), cinq romans algériens ont retenu l’attention de notre blogueuse lifestyle Soumia @PourElle. Revue littéraire.

Il y a les livres qu’on nous offre, ceux qu’on découvre par hasard. Et puis, il y a les autres… Ceux qui se distinguent !

Cette année, je suis allée faire un tour au salon du livre SILA, que j’attendais avec impatience, sachant surtout que Maissa Bey allait être présente à cet événement.

Le Salon avait fière allure et les maisons d’éditions ont bien mis en valeur leurs livres. Notamment, les éditions Barzakh. Gros coup de coeur au stand Barzakh, j’en suis ressortie avec cinq romans algériens !

Voici donc les livres qui m’ont le plus marquée lors de ma visite au SILA cette année :

Hiziya, Maissa Bey

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Résumé : Hizya est une jeune femme comme les autres, tellement comme les autres. Ce qui se confirme à l’écoute des confidences entendues dans le salon de coiffure où elle a finalement trouvé du travail, malgré son diplôme d’interprète obtenu la fac d’Alger. Toujours chez ses parents, sous l’œil attentif de ses frères, elle rêve à une vie de liberté et à un grand amour… comme au cinéma !

C’est cette réalité qu’Hizya nous révèle, la sienne, celle du quotidien de la société algérienne, celle de la désespérance d’une jeunesse qui suffoque dans un pays immobile. Elle nous raconte ce que c’est qu’être une jeune femme algérienne aujourd’hui alors que sa vie d’adulte se construit. À travers de somptueuses fulgurances poétiques, Maïssa Bey se jette toute entière dans la bataille : puissent toutes les « Hizya » d’Algérie et du monde s’appuyer sur elle, sa force, sa liberté ! »
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Pourquoi je veux le lire : C’est véritablement un des premiers romans qui m’a marquée au SILA. Maïssa Bey a une écriture envoûtante. Elle sait trouver les mots justes pour décrire les paysages, mais aussi les sentiments de son héroïne.

Maintenant ils peuvent venir, Arezki Mellal

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Résumé : Algérie, la guerre intérieure. Comment entrer dans ce lent et irrépressible mouvement de montée de la violence ? Comment vivre la peur, partager la haine, sentir l’étau se resserrer, inexorablement ? Comment préserver sa part d’humanité et aimer encore en ces temps de mort ? Arezki Mellal, dans ce premier roman d’une implacable douceur et grâce à une écriture tout en intériorité, nous fait pénétrer dans l’univers de cette Algérie noire, où les groupes islamistes armés d’Antar Zoubir terrorisent la population. Comment éprouver cette « capitale de la douleur » et découvrir, au creux de la violence, un désir d’ailleurs et une intensité de vivre que seule la Méditerranée incarne ? Avec « Maintenant, ils peuvent venir », Arezki Mellal nous donne à lire le conte cruel d’une époque qui cherche enfin à sortir de l’ombre.

Pourquoi je veux le lire : Une histoire d’une famille qui se défend au milieu de l’assaut de la violence entre les forces gouvernementales et les islamistes radicaux. Un très beau voyage dans les années 1990 où les barbus font la prière dans la rue le vendredi et leur menace qui devient de plus en plus radicale, jusqu’à l’arrivée des chefs terroristes et les exactions qui ont suivi. Un récit haut en couleur et riche en émotions, qui te fera sûrement pleurer.

Meursault, contre-enquête, Kamel Daoud

4

Résumé : Un homme, tel un spectre, soliloque dans un bar. Il est le frère de l’Arabe tué par Meursault dans « L’Étranger », le fameux roman d’Albert Camus. Il entend relater sa propre version des faits, raconter l’envers du décor, rendre son nom à son frère et donner chair à cette figure niée de la littérature : l' »Arabe ». Iconoclaste, le narrateur est peu sympathique, beau parleur et vaguement affabulateur. Il s’empêtre dans son récit, délire, ressasse rageusement ses souvenirs, maudit sa mère, peste contre l’Algérie – il n’épargne personne. Mais, en vérité, sa seule obsession est que l’Arabe soit reconnu, enfin.

Pourquoi je veux le lire : Kamel Daoud entraîne ici le lecteur dans une mise en abîme virtuose. Il brouille les pistes, crée des effets de miroir, convoque prophètes et récits des origines, confond délibérément Meursault et Camus. Suprême audace : par endroits, il détourne subtilement des passages de « L’Étranger », comme si la falsification du texte originel était la réparation ultime.

Dans ce roman, Kamel Daoud veut rendre un hommage en forme de contrepoint à « L’Étranger » d’Albert Camus (Il est donc nécessaire d’avoir lu le roman de Camus avant de lire ce récit). J’ai été envoûtée par ce livre, Il y a dans chaque page, chaque phrase, une émotion, une profondeur qui parfois m’a émue aux larmes.

Des pierres dans ma poche, Kaouther Adimi

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Résumé : Partie d’Alger à 25 ans, la narratrice est désormais une parisienne rompue au charme comme à la froideur de la capitale française, une habituée des allers-retours entre les deux villes. La voilà qui s’apprête à retourner là-bas, pour assister aux fiançailles de sa petite sœur. Or, à quelques jours du départ, ses angoisses se réveillent, car à 30 ans, et malgré une bonne situation, la jeune femme est encore célibataire.

L’assaillent alors les questionnements liés au mariage, à la solitude, à l’indépendance, passablement accentués par les névroses de sa mère. Séquences parisiennes et algéroises se succèdent, vague à l’âme et nostalgie alternent, entre tendresse et auto-dérision…
L’auteure, dont c’est le deuxième roman, offre ici une vision tragi-comique du destin de ceux qui vivent l’entre-deux.

Pourquoi je veux le lire : Après « L’envers des autres » dont le nom original est « Les ballerines de papicha » qui a reçu en 2011 le Prix de la Vocation, Kaouther Adimi revient avec un second roman, « Des pierre dans ma poche », qui raconte l’histoire d’une femme moderne qui a passé son enfance à Alger et sa vie d’adulte en France. Ce roman brosse le portrait simple et subtil d’une femme qui alterne entre révolte et nostalgie. Un récit intimiste mordant et drolatique sur la solitude d’une trentenaire qui vit entre Paris et Alger dans l’inconfort de l’entre deux.

Alger, le cri, Samir Toumi

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Résumé : « Cette ville m’assaille, elle monte et elle descend. Chaotique, elle m’épuise, ses pulsations désordonnées sont les miennes, miroir de mon incohérence, de mon chaos. Alger, ville éclatée. Alger, ville éclatante au soleil, empoissée dans la grisaille. Violente, on dit cette ville violente, je pense être violent, comme ma ville ».

Pourquoi je veux le lire : Ce récit de 165 pages relate l’histoire d’un homme qui observe Alger d’une terrasse de café ou arpente inlassablement ses rues, il s’agit en effet d’un quotidien que l’on ne connaît que trop bien et que beaucoup d’entre nous inhibent. Un roman imagé, drôle et troublant …Emportée par cette balade à travers Alger. Une histoire où éclate l’amour pour la ville natale, mais en même temps se manifestent tourments et amertume d’un quadragénaire déçu et blessé par tous les côtés sombres de la cité jadis auréolée de lumière.

Voilà, tu connais maintenant mon les livres qui m’ont marqué le plus au SILA. J’ai passé une journée magnifique et je sais déjà que j’y retournerais l’année prochaine.
On s’y croisera peut-être …

Soumia Chaibi @PourElle

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