Chercher

Kindil El Bahr, la revanche des Algériennes

Kindil El Bahr, la revanche des Algériennes
Share On Facebook
Share On Twitter
Share On Google Plus

Le film Kindil El Bahr de Damien Ounouri a été projeté en avant-première dimanche à l’Ambassade d’Italie à Alger. Résolument féministe, le film nage en eaux troubles.

Nfissa se rend à la plage avec sa mère et ses enfants. Une journée en famille qui va basculer vers le drame. Alors qu’elle se baigne seule dans la mer des hommes viennent perturber son moment de quiétude. Victime d’une simple plaisanterie au départ Nfissa va se retrouver assaillie par trois puis une dizaine d’hommes vexés d’être rejetés par la jeune femme. Effrayée, elle tente de fuir ses agresseurs qui vont finalement la lyncher à mort sous les yeux des baigneurs. On pense Nfissa disparue, en réalité elle s’est transformée en femme méduse et prépare sa vengeance…

Une fiction si réelle

Conte mi-fantastique et mi-social, Kindil El-Bahr raconte de manière presque poétique une réalité sociale. Une femme qui se fait agresser en public en Algérie pour avoir été au mauvais endroit. Même si au départ elle est la victime, l’opinion publique se désintéresse de son sort et finit même par la juger. Ses assaillants lui reprochent de nager, d’être sûre d’elle, d’être à l’aise dans l’eau. Quand elle se défend pendant son agression, elle est insultée et rabaissée. Une histoire presque banale mais joliment mise en scène.

Kindil El-Bahr, co-écrit par Damien Ounouri et Adila Bendimerad, est résolument féministe mais aussi fataliste. A la sortie du film, tu te sens mal, frustrée et désespérée. Nfissa ça aurait pu être toi. Tu aurais pu être agressée sur cette plage ou dans la rue. Comme Nfissa on aurait pu te refuser le statut de victime, te juger, puis t’oublier au moment où tu te sens le plus faible.

Tourné dans un décor antique, entre la réalité et le fantasme le film veut mettre en avant cette violence exercée sur la femme depuis toujours. “Elle en souffre depuis l’antiquité, elle est constamment perçue comme le problème”, explique Damien Ounouri, le réalisateur de Kindil El-Bahr. Pourtant Nfissa revient à la vie sous la forme d’une méduse, une femme qui cette fois a le pouvoir de terroriser ces hommes qui la méprisaient. Elle va pouvoir se venger contre ces hommes qui lui ont volé sa vie en une poignée de secondes. Cependant elle ne prend pas vraiment le rôle d’une héroïne, mais exprime la frustration de la femme algérienne dans une société machiste où prime le “qu’en dira-t-on?”.

Au-delà de la violence du film, Damien Ounouri et Adila Bendimerad osent mettre le corps de la femme au premier plan. Le corps de Nfissa est même le fil rouge, il est exposé sans être dénudé. On le découvre libre, détendu et fluide dans l’eau. Contrairement à la réalité sur terre, où on lui refuse sa place.

Informations sur le film 

Kindil El Bahr, (40 minutes)

Réalisé par Damien Ounouri.

Avec : Adila Bendimerad et Nabil Asli, Aziz Boukerouni, Jawad et Jawhara Ayachi, Tarek Bouarrara, Ahmed Zitouni, Meryem Medjkane, Mohamed Bendaoud, Redouane Merabet

Scénario : Adila Bendimerad, Damien Ounouri

Produit par Mediacorp (Algérie), Bang Bang Production (Algérie), Linked Productions (Koweit/USA), Monumental (Algérie)

Amina Boumazza

Vous aimerez sans doute

Laisser un commentaire

*

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer