Journal d’une (céli)battante : Petits plaisirs d’une recluse

Journal d’une (céli)battante : Petits plaisirs d’une recluse

Le journal d’une (céli)battante est une série produite par Inty. Elle raconte les tribulations de Kenza, une Algérienne de 30 ans, qui cherche l’amour envers et contre tous.

Dans ce feuilleton se mêlent fiction et réalité. Inty a créé le personnage de Kenza. En revanche, ces histoires sont basées sur des faits réels, inspirés de la vie de plusieurs Algériennes qui ont accepté de se confier.

Saison II Episode 1 :

Ce n’est pas que je m’ennuie. Tous ces mois à ne rien faire – mais genre vraiment rien – ont fini par me consumer. Je me complais dans cette oisiveté un peu imposée – je suis toujours au chômage -, complètement assumée – je ne fais rien pour retrouver un emploi.

Qu’est-ce que j’aurais bien pu te raconter sur mon début d’année, mon cher journal ? Ma vie professionnelle est au point mort depuis que mon patron s’est mis en tête de me séduire harceler. Ma vie amoureuse n’en parlons même pas ! Je poursuis ma traversée du désert affectif, en me disant chaque jour un peu plus fort qu’il vaut mieux être seule que mal accompagnée. Je suis en passe de rejoindre le clan des ultra-célibataires de plus de 30 ans, formé par mon amie Faten.

Chez le psy

Quoique à ce niveau-là, il y a du nouveau. Faten a décidé de consulter un psychologue pour soigner sa misanthropie. Je suis la seule au courant de cette décision. Par pudeur ou par honte, Faten veut garder ça pour elle. Il faut dire que chez nous ça ne traverserait l’esprit de personne de discuter avec un psychologue. Déjà que les gens se confient rarement sur leurs problèmes personnels à leurs proches, alors aller parler à un étranger de son intimité…

Je soutiens pleinement Faten dans sa démarche, il se pourrait même que je rencontre son psychologue pour l’aider à mieux la connaître. Ce serait une étape de sa thérapie. Bien que j’appréhende beaucoup de me retrouver sur le divan, je le ferai. Pour elle !

Mes nouvelles priorités dans la vie

Et tandis que Faten tente de d’affronter les démons de son enfance, l’absence de son père notamment, je croupis sur le canapé. Depuis le mariage de notre amie Asma, j’ai les urgences d’une adolescente : réécrire les paroles des chansons de Rihanna (en faisant mine d’apprendre l’anglais), reproduire les chorégraphies de Beyoncé (en prétextant faire du sport), revoir l’intégralité de la série « Harim Soltan » (pour des cours d’histoire bien sûr !), sélectionner des recettes pour le Ramadan (ce tajine aux dattes me fait saliver !)… Bref, un quotidien palpitant comme tu peux le constater.

Il y en a que ce retour à l’adolescence ne semble pas déranger. Mes parents passent chaque jour devant moi sans une remarque. Cachent-ils leur colère ? Préparent-ils une offensive ? Je ne peux pas croire qu’ils n’en ont rien à faire que leur seule fille ne fasse rien de leur vie. A moins qu’eux aussi aient perdu foi en moi…

J’étais là, devant mes feuilles de briques à enrouler mes samoussa à la viande hachée, au beau milieu de l’après-midi, quand la voix de Babylone s’est fait entendre depuis le salon où j’avais laissé traîner mon téléphone portable. « Hey Zina… » Sympa la sonnerie, n’est-ce pas ?! C’est Zouzou. On s’est très peu vu depuis le mariage d’Asma.

« Prépare-toi, je passe te prendre dans un quart d’heure ».

« Comment ça pour aller où ? ». Je n’entends pas sa réponse, seulement des grésillements et la communication se coupe brutalement.

Les mains enfarinées, j’hésite, je tergiverse, puis je finis par me diriger vers ma chambre pour me changer. Je bataille avec un pantalon un peu trop étroit pour mes hanches grassouillettes lorsque Zouzou rappelle. « Je suis en bas de ton immeuble, haya dépêche-toi ! ». J’attrape un sac à main, mes clefs et je sors sans passer par la salle de bain.

Il fallait voir son regard. J’ai à peine ouvert la portière qu’elle me lance l’air pétrifié :

« Non mais c’est quoi ce look ? C’est quoi cette mine de morte-vivante ? Et ces cheveux ? »

« Bonjour quand même », lui répondis-je en m’installant à ses côtés dans sa voiture. « Bon c’est quoi ce plan, on va où ? »

« Nulle part ! En tout cas pas dans cet état ». Elle éteint le contact, retire sa ceinture et ouvre précipitamment la portière. « On va te refaire une beauté car je ne te laissera pas aller à un rencard dans cet état ».

Un rencard ???

Retrouve tous les épisodes du Journal de la (céli)battante en cliquant ici

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