Journal d’une (céli)battante : Le mari d’Asma aime… les hommes

Journal d’une (céli)battante : Le mari d’Asma aime… les hommes

Le journal d’une (céli)battante est une série produite par Intymag. Elle raconte les tribulations de Kenza, une Algérienne de 30 ans, qui cherche l’amour envers et contre tous.

Dans ce feuilleton se mêlent fiction et réalité. Intymag a créé le personnage de Kenza. En revanche, ces histoires sont basées sur des faits réels, inspirés de la vie de plusieurs Algériennes qui ont accepté de se confier.

Saison II Episode 7 :

Quand sait-on qu’on est en couple ? Qu’on a quitté le célibat ? Au premier baiser ? Au bout d’une semaine, d’un mois ? Faut-il se le dire explicitement ? Y a-t-il seulement une date précise ? De toutes mes relations amoureuses, je crois n’avoir jamais su quand exactement je me suis mise en couple avec un homme. C’est bien pour ça que je n’ai jamais compris les couples qui fêtent leur date anniversaire.

Avec Amine, un baiser a entraîné un autre. Un rendez-vous a succédé à un autre. Cela fait cinq mois qu’on est ensemble si je date le début de notre relation à notre premier baiser. Depuis, je vis ma vie en pointillé. Il y a les séquences où Amine est près de moi et celles où il est loin, en déplacement professionnel en Tunisie.

Nous ne vivons pas vraiment une relation à distance. Mais ses départs répétés et surtout ses absences me pèsent de plus en plus. J’ai connu toutes sortes de relations mais encore jamais une relation en discontinu. C’est donc chose faite. Car, cher journal, Amine ne s’est toujours pas défait de ses mauvaises habitudes. Chaque séjour en Tunisie est surplombé d’un silence. Un silence de plus en plus assourdissant. Plus les déplacements professionnels s’enchaînent et moins je comprends son attitude. Pourquoi ne trouve-t-il pas ne serait-ce qu’une seconde pour m’envoyer un petit message ? Et, oui, j’en suis réduite à attendre un pauvre sms d’Amine, Mr. Rolex.

Ma vie professionnelle n’est pas non plus glorieuse. Pour être honnête, c’est le néant. Depuis que j’ai démissionné du cabinet de M. Kosbough, je n’ai pas retrouvé du travail. Il faut dire que je n’ai pas vraiment cherché. Peut-être de peur de tomber à nouveau sur un pervers.

Je ne veux plus jamais être victime de harcèlement au travail. Plus jamais ! La meilleure solution c’est peut-être de commencer à travailler pour moi, à mon propre compte. Tu imagines bien, cher Journal, que cette idée ne vient pas de moi. C’est Kaouther, ma cousine, qui a fini par me convaincre. Enfin presque !

Elle est rentrée cette semaine de France, là où vivent ses parents et deux frères. Elle est partie quelques semaines rendre visite aux siens. J’ai cru qu’elle ne reviendrait jamais. Après tout qu’est-ce que l’Algérie a à offrir à une fille épatante sur-diplômée comme elle ? Elle, l’immigrée. Mais Kaouther est très tenace. Elle est déterminée à construire un bout de sa vie en Algérie.

Dans ses bagages, elle a ramené un projet de commerce en ligne. Son plan : lancer une page Facebook où elle exposera et commercialisera ses produits avant de créer un site Internet de vente en ligne. Ses bagages n’étaient pas encore défaits qu’elle m’a proposé d’être son associée.

« On commence petit, à l’ancienne, importations par cabas. Dès qu’on a un porte-feuille clients important, on lance le site internet et on vend dans tout le pays. Et pourquoi pas tout le Maghreb ? J’ai bien réfléchi, j’ai fait mon étude de marché. Je peux te montrer le business plan tout de suite », débite-t-elle en allumant son ordinateur.

« Souffle un peu, tu viens tout juste de rentrer de l’aéroport », lui dis-je en lui tendant un verre d’eau.

« Je suis super excitée !! J’étais impatience de rentrer ».

« Vraiment ? Tu aimes l’Algérie à ce point ? »

« Oui ! Et notre futur projet plus encore !! »

« Mais pourquoi tu me ça proposes à moi ? Je ne suis pas commerciale. Et c’est pas parce que je suis avec un entrepreneur que je vais forcément finir moi aussi cheffe d’entreprise. Je suis dentiste, je te rappelle ».

« Justement ! Notre boutique en ligne sera spécialisée dans l’hygiène bucale. Ça n’existe pas encore ici. On va être les pionnières, on va cartonner ! »

« Tu es… incroyable. Ecoute je dois filer, on en parlera… »

Elle me coupe la chique : « Ha tu vois que tu es intéressée !?! »

« Je n’ai pas dit ça. J’ai rendez-vous avec Karim, le mari d’Asma. Tu te souviens que ce week-end c’est l’anniversaire d’Asma ? »

« Oui. Ce sera super. On sera toutes réunies ! »

J’ai laissé ma cousine et ses rêves d’entrepreneuriat pour me rendre au bureau de Karim. J’ai très peu de contact avec le mari d’Asma, nous nous connaissons à peine. En groupe, il reste relativement discret. Rien à voir avec Youcef, le copain de Zouzou, ni Amine. Avec les filles, on veut offrir à Asma un petit film de sa vie. Comme je suis la seule sans activité, c’est à moi qu’est revenu la réalisation de ce court-métrage. Je n’y connais strictement rien, ni au caméra, ni au montage. J’ai opté pour une solution à ma portée : un montage de photos avec en fond une musique sympa.

Son anniversaire est dans trois jours et je n’ai pas encore récolté toutes les photos. C’est devenu ma deuxième source d’angoisse – après l’absence de contact avec Amine durant ses séjours en Tunisie. Mais cela n’a pas l’air de stresser les autres : Faten, Zouzou, son mari… Et, leur comportement commence à m’agacer. Du coup, j’ai décidé de passer à l’offensive.

Quand je suis arrivée dans son cabinet, Karim avait l’air d’avoir oublié notre rendez-vous. Il était en réunion de travail. Il s’est excusé auprès de ses collègues pour venir à ma rencontre.

« Bonjour Kenza. Je suis vraiment désolée mais je suis débordé aujourd’hui », a-t-il tenté de s’excuser.

« Karim je comprends que tu sois pris par ton travail mais je te demande juste un petit service ».

« J’ai laissé une clé usb bleue sur mon bureau, mon assistante va t’y conduire. Sur cette clé, tu trouveras quelques photos d’Asma et moi. J’aurais voulu plus t’aider ».

Et il est retourné dans la salle de réunion, entièrement vitrée.

De mon côté, j’ai traversé le cabinet jusqu’au bureau d’Amine. C’est fou ce que cet endroit est lumineux et harmonieux. En revanche, le bureau de karim était en désordre : des pilles de plans de futures maisons, des crayons, deux ordinateurs. Et plusieurs clés usb. Il y en avait trois bleues. Je me suis permise de vérifier à l’aide de son ordinateur laquelle était la bonne.

J’ai installé l’une d’elles sur l’ordinateur, j’ai ouvert le fichier. J’étais pressée. J’avais peur qu’on m’accuse d’espionnage. En deux clics, je suis tombée sur des dizaines de photos. Mais pas celles auxquelles je m’attendais. Sur les clichés, j’ai vu Karim poser à côté d’un homme, le visage orné d’un bouc. Ils avaient l’air complice, intimement complices. Sur une autre photo, ils se tenaient la main. Sur une autre image, karim posait sa tête sur l’épaule de son « ami ». Sur la dernière photo, ce mystérieux inconnu caressait la joue de Karim.

Je suis restée transie devant l’écran d’ordinateur.

 

Précédemment :

Saison II Episode 1 : “Petits plaisirs d’une recluse”

Saison II Episode 2 : “Je suis célibataire pas malade”

Saison II Episode 3 : « Que du bonheur ! »

Saison II Episode 4 : « Les dé-rencontreurs »

Saison II Episode 5 : « Prémices »

Saison II Episode 6 : « Statut amoureux indéfini »

Clique ici pour (re)lire l’intégrale de la saison I

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