Journal de la (Céli)battante “Bande de filles”

Journal de la (Céli)battante “Bande de filles”

Les tribulations de Kenza, une Algérienne de 29 ans, qui cherche l’amour envers et contre tous.

Précédemment : épisode 2 “Coincée aux chiottes”

J’ai retrouvé le goût des choses. J’ai passé le week-end avec mes amies. Ce n’est pas arrivé depuis que “l’autre” m’a larguée comme une vieille chaussette.

Faten est passée chez moi et on a roulé jusqu’à notre boutique préférée. Je n’ai jamais fait de shopping sans elle. Elle me confectionne des looks sympas, elle adore ça et moi aussi. Je suis un peu son mannequin favori.

A peine entrée dans le magasin, Faten décroche un jean taille haute et un perfecto. Je roule des yeux mais finis par entrer dans la cabine d’essayage.

Lorsque j’en ressors, je regarde Faten, qui lève son pouce droit :

“C’est chic et choc. Tu es parfaite !”

Et puis elle lance, ses mains en porte voix : “La nouvelle Kenza est là !”

J’ai rougi. Heureusement il n’y avait que nous.

Après cette petite séance de shopping, on retrouve notre bande de filles : Asma et Zouzou dans une pizzeria. Une bonne adresse pour les gourmands. Oui, l’appétit m’est enfin revenu. Je dévore à nouveau mes plats, il m’arrive même de me resservir. Zouzou, c’est Zoubida. Mais elle déteste son prénom alors on l’appelle entre nous Zouzou. C’est une amie de la fac, elle est devenue gynécologue. Asma a fait pétro-chimie comme Faten. Sauf que elle a poursuivi et travaille maintenant dans un complexe pétrolier au Sud. On la voit de moins en moins mais elle reste une amie proche.

Quand Asma nous retrouve, elle met le paquet : maquillage, fringue, accessoires, elle est toujours sur son 31. “C’est que j’en ai marre de l’uniforme informe de travail !”, répète-t-elle à l’envi. Asma a l’air heureuse. Elle gagne très bien sa vie et voyage beaucoup. Elle rentre d’un séjour en Turquie. Mais nous toutes savons qu’elle n’est pas totalement épanouie. Elle a 31 ans et n’est toujours pas mariée. L’horloge biologique l’a rend parfois nerveuse. Au Sud, elle se morfond dans sa solitude. Elle a déjà essayé de connaître des hommes que sa famille lui a présentés. Elle n’a jamais eu le coup de foudre. Pire, ils ne lui ont jamais correspondu. Certains complexaient vis-à-vis d’elle. Les hommes ont encore du mal à accepter qu’une femme soit plus diplômée et mieux rémunérée qu’eux.

Autour d’une méga-pizza, Asma nous questionne : “Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de répondre aux messages d’inconnus sur Facebook ?”

Faten répond du tact au tac : “Jamais ! Que du social”.

Faten n’a jamais eu sa langue dans sa poche. Elle n’est pas du genre à souffrir pour un mec, c’est plutôt elle qui les fait trimer. J’admire sa force et son indépendance.

Zouzou enchaîne : “J’avoue que j’ai déjà regardé quels inconnus pouvaient m’écrire mais delà à leur répondre…”

Asma reprend : “J’ai franchi le pas. J’ai regardé deux trois profils potables et je leur ai répondu. Et devinez quoi ? Et bien l’un d’eux a l’air plutôt pas mal.”

“Pas mal comment ?”, je demande, perplexe.

“Il est architecte. Il est respectueux et ne ressemble pas à tous ces mythomanes. Il m’a dit tout de suite qu’il est divorcé et père d’une petite.”

“Quoi un papa ! Mais tu es folle !!”, s’exclame Faten.

“Je te rappelle que plus on vieillit et plus on a de chance de rencontrer un homme divorcé. C’est logique. Et en quoi c’est un problème ?”, rétorque Asma.

“Pas faux”, renchérit Zouzou.

“Bref, on discute depuis deux semaines. Je le vois la semaine prochaine”

“Petite cachottière ! Insh’Allah ça va marcher entre vous”, glisse Zouzou en prenant Asma dans ses bras. On finit par toutes la rassurer. Et on passe à un tout autre sujet : le lissage brésilien de Zouzou.

En rentrant à la maison, je file dans ma chambre, j’allume mon ordinateur et j’ouvre mon compte Facebook. L’idée d’Asma m’a trotté dans la tête toute l’après-midi. Et si elle avait raison ? Et si Facebook pouvait m’aider à rencontrer l’amour ? Je me sens prête à passer à autre, à me reconstruire. Je clique sur “Invitation”. Et je découvre une dizaine de messages non lus. Des messages de garçons seulement.

Lorsque je me mets à parcourir les profils, mon téléphone vibre. “L’autre” m’appelle.

Episode suivant : épisode 4 “47 appels”

Récapitulatif : 

Episode 1 “Khotba annulée

*Le journal de la (céli)battante est un feuilleton où se mêlent fiction et réalité. Inty a créé le personnage de Kenza. En revanche, ces histoires sont basées sur des faits réels, inspirés de la vie de plusieurs Algériennes qui ont accepté de se confier. 

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