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Je suis Algérienne et je raconte mon agression

Je suis Algérienne et je raconte mon agression

Des Algériennes ont décidé de réunir leurs témoignages d’agressions physique et verbale sur un groupe Facebook intitulé #je_raconte_mon_agression, et ce afin de les diffuser lors d’un événement prévu le 25 novembre prochain. 

#je_raconte_mon_agression. C’est une tendance du web que nous n’aurions pas souhaité suivre et pourtant les violences faites aux femmes en Algérie sont devenues une banalité. Des scènes tellement normales que Yasmine et Selma, deux Algéroises, ont décidé d’y mettre fin.

Avec leur page Féminisme algérien elles ont lancé un appel sur Facebook aux Algériens pour se mobiliser le 25 novembre prochain, date de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. En attendant cette date, le groupe #je_raconte_mon_agression, recueille les récits de femmes victimes d’agression en Algérie. 

Agressées constamment

L’événement semblait devenir une nécessité puisqu’en moins de 10 jours plus de 5000 personnes ont suivi le groupe #je_raconte_mon_agression. et déjà 182 témoignages d’agression ont été publiés par la page Féminisme algérien. Un chiffre effarant qui révèle que de nombreuses algériennes ont déjà été agressées une à plusieurs fois dans les rues algériennes. D’ailleurs, dans un sondage posté sur le groupe, 1395 femmes disent avoir été victimes d’agression, d’humiliation ou d’intimidation plus d’une fois.

Il faut en parler parce ces faits sont graves mais finalement c’est devenu un tabou en Algérie

“Je veux réunir le plus de témoignages possible tout en respectant l’anonymat de ces victimes. Il faut en parler parce ces faits sont graves mais finalement c’est devenu un tabou d’en parler en Algérie”, explique Yasmine qui espère réunir un millier de témoignage.

Parmi les récits d’agression, on peut lire des histoires consternantes, parfois indicibles. Les témoignages racontent aussi bien des agressions verbales et physiques dans la rue, ou au sein de familles, que des abus sexuels, ou encore de la maltraitance quotidienne.

“Si on attend que les hommes nous défendent ça veut dire qu’on est encore soumise, c’est à nous de nous défendre, de nous imposer”

Solidarité

Yasmine avait déjà lancé des mouvements pour condamner le traitement fait aux Algériennes. Cela avait commencé avec la polémique de la mini-jupe. “J’ai déjà lancé une action qui dénonçait l’étudiante en droit qui avait été sanctionnée lors de son examen parce qu’elle portait une mini-jupe. Les femmes sont souvent intimidées par les hommes, ils imposent leur vision, parfois avec violence, on n’a pas à se laisser impressionner”, précise Yasmine.

La jeune femme est consciente qu’il est compliqué d’évoquer des abus, d’autant plus dans une société où la sexualité est taboue. C’est pourquoi elle a créé cet espace d’échange. “Les femmes qui ont vécu une agression ne se sentent plus seules, elles partagent leur histoires, se comprennent. On en voit certaines qui se défendent, vont jusqu’à porter plainte… Ces filles-là donneront du courage aux prochaines”, assure Yasmine.

On ne sait pas si le 25 novembre toutes ces femmes se réuniront mais ces nombreux témoignages d’agression permettront de prouver à la société et à la justice algériennes que les femmes ont besoin d’être protégées par tous les moyens.

Malika Guessoum

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