J’ai testé. Trouver l’amour sur Tinder

J’ai testé. Trouver l’amour sur Tinder

Amina, une rédactrice d’Inty, a testé l’application Tinder dans l’espoir de mettre fin à son célibat de longue durée. Elle te raconte son expérience. 

Oui, en effet j’ai osé tester la fameuse application Tinder. Moi l’oubliée de l’amour, moi la septique quant aux rencontres amoureuses virtuelles. Je me suis autorisée l’opportunité de rencontre ma moitié après que ma meilleure amie m’en ai parlé au détour d’une conversation sur notre célibat chronique.

J’avais conscience que Tinder avait une très mauvaise réputation. Tu n’es pas sans savoir que cette application mobile, qui fonctionne sur un système de géolocalisation, est connue pour être un outil qui favorise essentiellement les rencontres légères et éphémères. Donc, assez loin du romantisme d’un coup de foudre.

Mis de côté sa réputation, il faut reconnaître que cette application est facile d’utilisation et accessible à tous. Après avoir téléchargé Tinder via Playstore, j’ai créé mon profil assez facilement. J’ai écrit une petite biographie, j’ai ajouté quelques photos de moi et choisi les critères de sélection qui trieront les profils masculins qui me seront présentés. Ma cible ? Les Algériens entre 28 ans et 40 ans. Pour la zone géographique, je me suis arrêtée à un périmètre de recherche de 80 kilomètres de ma position.

L’usage est aussi simple que son installation. Des profils d’utilisateurs, qui correspondent aux critères choisis par mes soins, défilent. Je n’ai qu’à « swyper » à droite si j’apprécie le profil ou à gauche si le profil m’inspire moins. Si je like un profil et que lui aussi a swypé sur ma photo de profil alors nous sommes mis en relation. Dans le jargon de Tinder, on appelle cela un « match ».

Qui est sur Tinder ?

Je remarques assez vite que neuf catégories de mecs se démarquent sur Tinder :

  • 1* les bébés toubibs : Ce sont des résidents en médecine, en chirurgie dentaires, ou de jeunes médecins diplômés, en blouse blanche et en stéthoscope, parfois en tenue de bloc. Leurs photos transpirent la frime et la superficialité. Et comme si leurs clichés n’étaient pas assez éloquents sur leur personnalité, leur biographie en rajoute une couche. Ils précisent qu’ils sont médecins et qu’ils sont là pour trouver l’âme-sœur car leur quotidien rude et stressant au boulot ne leur permet pas de faire des rencontres.
  • 2* les bébés pilotes : C’est une catégorie à part. D’un niveau supérieur à celui des bébés toubibs. Ceux-là ont tout misé sur leur uniforme et leur lunette de soleil. Ils ont ajouté des photos d’eux à l’étranger ou à bord de leur avion. On les voit conduire de belles bagnoles. Soi-disant, ils mènent la belle vie. Et ils se sentent obligés de l’étaler sur « Tinder » pour séduire des prétendantes. Côté drague, ils sont cash. Certains d’entre eux m’ont proposée directement des rencards et des échanges téléphoniques.
  • 3* les CC, sv, tfk : Ceux-là écrivent en message codé. Ils ne craignent pas de hacher la langue de Molière et c’est la raison principale pour laquelle je les supprime, sans le moindre remord.
  • 4* les « A qui ai-je l’honneur » : Disons que sur Tinder made in Algérie, la courtoisie n’est pas la règle. Les mecs se présentent rarement en premier. Une fois qu’il y a eu « match », certains m’ont envoyé « à qui j’ai l’honneur ? ». Une formule très maladroite pour entamer une relation amoureuse, tu trouves pas ?
  • 5* les connaissances en couple : De toutes les catégories d’hommes sur Tinder, celle qui m’a le plus choquée à en avoir une crise cardiaque c’est le nombre important de mes connaissances qui utilisent Tinder. Alors qu’ils sont en couple ! Collègues, voisins, amis censés être en couple, fiancés, mariés voire déjà papa. Mais que font-ils tous sur Tinder ? Ceux-là je les « swype » à gauche (« élimine » pour celles qui n’ont pas suivi) et je fais comme si je ne savais pas qu’ils sont sur Tinder quand je les croise.

« Veux-tu m’épouser ? »

  • 6* les « veux-tu être ma femme ?» : Ils sont rares mais ils existent. Après quelques échanges, certains usagers algériens de Tinder passent à l’offensive et te proposer tout bonnement de partager le restant de tes jours avec eux. Mais pourquoi sont-ils si pressés ? Ceux-là aussi, je les bannis !
  • 7* Les prédateurs : Ils ont le mérite d’être francs. Ce qu’ils cherchent ? Une relation sexuelle et rien d’autres. Je les signale à l’administration de Tinder et je les bloque.
  • 8* les faux profils : Ce sont des profils fantôme. Ils n’ont aucune photo sur leur avatar ou ils utilisent des photos de stars de foot à la place des leurs. Comme ils ne font pas l’effort de se présenter un minimum, je leur donne zéro chance de me connaitre.
  • 9* ce qu’il reste : Ils sont charmants et sympathiques à vue d’œil. On s’échange nos cordonnés, peut-être on ira prendre un café. Mais ça ne va jamais au-delà. Parfois, on devient amis, parfois on me vend du rêve, on me ment, puis je découvre qu’ils sont mariés, parfois ils disparaissent. D’autres fois, nous constatons tous les deux au bout du premier rencard que nous n’avons pas d’affinité et on ne prendra pas le risque de perdre notre temps à nous revoir. On se perd de vue, on se supprime mutuellement sur les réseaux sociaux.

Mitigée

Au bout de quelques mois d’utilisation, j’en ai croisé des profils ! Plus que dans la « vraie vie » en tout cas. Mais, entre ces neuf catégories, tu l’auras deviné, je n’ai pas trouvé mon bonheur. J’ai fini par supprimer cette application de mon téléphone.

Mon expérience est donc mitigée. Si je ne déconseille pas Tinder aux célibataires, je ne la recommande pas non plus aux personnes sérieuses qui cherchent à se caser. Et si je devais partager avec toi un seul conseil, je te dirai d’être vigilante. Gare aux faux profils ! Gare aux maris infidèles ! Gare à ta sécurité, ces personnes restent des inconnues après tout !

Amina F.

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1 Comment

  • CTREPORT 10 mars 2018 3 h 59 min

    Ni son rencard Tinder, ni même les visiteurs du centre commercial ont remarqué quelque chose d’anormale.

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