J’ai testé. Le waterbike (et j’ai survécu)

J’ai testé. Le waterbike (et j’ai survécu)

Inty a envoyé l’une de ses rédactrices tester le waterbike. Et ça n’a pas été une promenade de santé.

Ce qu’il a de bien avec l’anglais c’est qu’il n’y a pas besoin d’être bilingue pour comprendre certains concepts. Comme, par exemple, le waterbike. Pour celles qui sont larguées, je traduis : le waterbike consiste à faire du vélo dans l’eau.

Dans ma vie, j’ai beaucoup roulé et, cela, dans des lieux très variés. J’ai pédalé sur des pentes ardues, en montagne, au bord de la plage, sur des vagues, le soir en été, j’ai pédalé lentement, souvent rapidement et parfois j’ai même sprinté. Mais j’ai jamais roulé dans l’eau.

Jusqu’ici, le waterbike était pour moi une activité pratiquée seulement par des femmes d’un certain âge, pas tout à fait en bonne forme, et vivant quelque part à l’étranger entre les Etats-Unis et l’Europe. Bref, c’était pas sexy pour un sou. Alors, lorsque la rédaction m’a proposé de tester le waterbike, j’y ai vu un message subliminal – c’est mon côté parano.

Je pédale

A Alger, on n’a pas le choix. Quand on veut rouler dans l’eau, on va au Spa L’O. Ça commence comme une journée dans une piscine couverte. Maillot, tongs et clore. En vrai, le fameux waterbike ressemble à une machine futuriste, un peu comme une soucoupe volante décapotable et vitrée. La classe !

Au centre de remise en forme et de bien-être, qui se trouve dans le quartier de Chéraga, à l’ouest d’Alger, il y a au total deux cabines individuelles. Elles ont été installées dans une pièce rectangulaire et font face à un écran de télévision qui diffuse des clips de musique.

Je retire mes tongs et glisse mes pieds nus dans les pédales. A l’intérieur de la cabine, je me sens à l’aise mais ridicule. Devant moi, accroché au guidon, un écran fourmille de statistiques : le chrono, le nombre de kilomètres parcourus, de tours de pédale à la minute… Pour le moment, les compteurs sont à zéro.

Avant de donner le top départ, une hôtesse dépose sur le waterbike, dans un coin prévu à cet effet, une bouteille d’eau. Je souris en me disant que je ne vais sûrement pas en avoir besoin. Après tout, je ne vais pédaler que 20 minutes dans l’eau, ce n’est pas la mer à boire !

C’est parti, l’hôtesse ferme la petite porte de ma soucoupe volante, l’eau monte jusqu’aux genoux. Tour de chauffe, je ne dépasse pas les 70 rotations par minute. C’est sûr qu’à ce rythme, je ne vais pas m’épuiser !

J’accélère

Je ne sais pas si c’est l’envie de tester mes capacités physiques, la musique dynamique à la télé, la peur de rentrer au bureau et d’être charriée par mon équipe à cause d’un score merdique, mais j’ai fini par me prendre au jeu. J’accélère les mouvements de mes jambes : 80, 90, 100 puis 120 tours par minute ! J’accélère encore, on va voir ce que cette machine a dans le ventre. Les mètres s’additionnent, les kilomètres défilent. J’augmente encore la cadence, le buste penché sur le guidon. Je trace à tout à l’allure, l’eau éclabousse mon corps et mon visage, j’ai l’impression qu’autour de moi les paysages changent. Tout ça, sans bouger d’un iota.

Je sens des gouttes perlées sur mon front. Mes mollets durcissent, mes pulsations cardiaques crépitent. Je suis dans le rouge. Mon regard passe du clip d’Enrique Iglesias à mon compteur personnel. Et là, je réalise que je suis en selle depuis dix petites minutes. Soit la moitié de la durée programmée seulement ! Je décide alors de temporiser à une moyenne élevée mais raisonnable autour des 100 tours par minute. Pas question de descendre sous cette barre !

Mais l’exercice se corse. L’eau envahit la cabine, elle monte, monte, monte, jusqu’à ma taille. Des jets se mettent à pulvériser ma petite culotte de cheval. Les mouvements deviennent plus difficiles, l’effort plus intense. Je suis dans le rouge, je peine à maintenir la cadence.

Je lâche tout

Dernière minute, c’est la ligne droite. La flamme rouge comme on dit au Tour de France. Je lâche tout, peu importe si j’y laisse mes poumons. Je pousse de toutes mes forces pour atteindre les 7 kilomètres. 7 kilomètres à vélo dans l’eau en 20 minutes, c’est pas mal non ?

Je n’y arriverai pas. Le gong de fin retentit, la cabine avale l’eau, je quitte ma selle le compteur bloqué à 6.5 kilomètres. « C’est bien pour une première fois », m’encourage l’hôtesse alors que mes jambes dures et fébriles à la fois touchent le sol. Une sensation extrêmement bizarre me parcourt, je me sens fragile et forte à la fois. Je fais mine que tout va bien, en réalité, je suis lessivée. J’ai faim, j’ai soif, je suis essoufflée.

J’avais donc tort de prendre de haut cette activité. Oui, le waterbike c’est du sport. C’est même un formidable exercice pour muscler, tonifier et sculpter sa silhouette.

Zina Driss

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