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Cosplay : Alger à l’heure japonaise

Cosplay : Alger à l’heure japonaise
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Super héros, chevaliers et lolitas ont investi l’esplanade Riadh el Feth, à l’occasion du 9è Festival international de bande dessinée d’Alger. Bienvenue dans la dimension cosplay. Reportage.

Avec sa perruque blond platine, sa combi-pantalon cintrée et son regard revolver, Naziha semble tout droit sortir d’un jeu vidéo. Elle l’est en quelque sorte. “J’incarne Eva de Metal Gear Solid 3. J’aime ce personnage car c’est une manipulatrice badass qui a beaucoup de classe”, raconte la jeune fille originaire de Béjaïa, postée à l’entrée du Festival international de bande dessinée d’Alger (FIBDA).

L’allure d’une héroïne, le ton fébrile d’une débutante, Naziha s’initie au cosplay. Contraction entre “costume” et “play” (jouer), cette discipline japonaise consiste à jouer le rôle d’un personnage phare d’un manga, d’une bande dessinée, d’un jeu vidéo ou encore d’un film d’animation. “Je n’avais pas le courage d’en faire en public avant. Pour mon premier essai, j’ai choisi une tenue militaire, ça attire moins l’attention”, espère Naziha. Peine perdue. Tous les regards sont braqués sur elle et des dizaines de jeunes l’accostent pour prendre un selfie.

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Naziha, amatrice de cosplay, en Eva de Metal Gear Solid 3. Crédit photo : Inty

Particularité des amateurs de cosplay, ils confectionnent eux-mêmes leur costume. “J’ai acheté un tissu kaki et j’ai réalisé moi-même ma combinaison”, souligne Naziha. A ses côtés, Adel, alias Snake, le personnage principal de Metal Gear Solid, est allé jusqu’à construire son propre fusil à pompe. “Avec de la mousse et du carton, le tour était joué. J’ai même conçu mon gilet par balles”, sourit le jeune Bougiote, un œil camouflé par un bandeau de pirate, le second couvert d’une lentille de contact d’un bleu profond.

Le temps du FIBDA, l’esplanade Riadh el Feth, sur les hauteurs d’Alger, s’est transformé en un monde virtuel composé de supers héros et leurs complices féminines, de chevaliers, des lolitas et de robots. Sous le masque, de jeunes algériens férus de culture japonaise. Le concours cosplay est même devenue cette année l’attraction principale du festival. Organisé par les éditions Z-Link, spécialisées dans les mangas et connues notamment pour sa revue Laabstore, ce concours draine, depuis maintenant quatre ans, des dizaines de participants.

La compétition se déroule sur un ring, entouré d’une foule branchée à ses smartphones. Chaque participant se présente dans le costume qu’il a lui-même créé et fait vivre son personnage, dans une mise en scène qu’il a conçue. Car le cosplay n’est pas un simple jeu de déguisement, il requiert également des qualités d’acteur. “On ne doit pas seulement s’habiller comme notre personnage, on doit glisser dans sa peau. On doit être notre personnage”, insiste Adel, vêtu d’un treillis fait maison.

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Yasmine en “Chaperon Rouge maléfique” au FIBDA 2016. Crédit photo : Inty

Yasmine vient de terminer sa prestation. La jeune fille de 22 ans déambule entre les stands, sa longue cape rouge traîne une nuée de fans. “J’ai revisité le Chaperon Rouge à ma sauce. J’en ai fait un Chaperon Rouge maléfique. J’ai inversé le cours de l’histoire, cette fois c’est le loup qui se fait hagar“, dit-elle avec son regard de biche.

Yasmine n’est pas tendre non plus avec ses comparses. “Si les Japonais venaient ici, ils pleuraient. Le niveau est pas très élevé et certains costumes font peur, certains personnages sont très mal interprétés”, critique le “Chaperon Rouge maléfique”.

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Yasmine a créé un nouveau personnage : le Chaperon Rouge maléfique. Crédit photo : Inty

Il faut dire que le cosplay n’en est qu’à ses balbutiements en Algérie. “On est encore très loin du niveau international et même maghrébin”, explique Adel, qui a représenté l’Algérie au Banzaï, le concours de Cosplay le plus important d’Afrique du Nord, qui se tient chaque année à Tunis. “On rattrape notre retard mais les mentalités doivent d’abord changer. Le cosplay est trop vu comme un loisir de garçons en Algérie alors que dans le monde se sont principalement des filles qui pratiquent le cosplay”, relève-t-il.

Les occasions de se réunir sont encore rares, mais de plus en plus nombreuses. Outre Alger, les cosplayers entrent en action à Oran,à l’occasion des Journées Manga organisées à l’Institut français, à Béjaïa, durant le festival Bougie en Bull.

Zina Driss

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1 Commentaire

  • LEILA 4 avril 2017 16 h 36 min

    ses pas tres cosplay il ya un debut a tout !

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