C’est le 8 mars, et en tant qu’Algérienne je ne peux toujours pas…

C’est le 8 mars, et en tant qu’Algérienne je ne peux toujours pas…
Aujourd’hui on t’a souhaité au moins une dizaine de fois « Bonne fête ». On t’a félicité d’être femme, on t’a offert un cadeau, ou ta journée de travail. Ce 8 mars 2017, tu as eu beaucoup de privilèges mais pourtant le reste de l’année on t’a interdit beaucoup de choses. 

Le 8 mars ce n’est pas la fête de la femme mais surtout la journée mondiale des droits de la femme. En théorie on fait le point de la condition féminine dans notre pays. Ce qu’on a fait pour elle, et à l’inverse ce qui nous reste à faire. Les « Bonne fête » sont toujours les bienvenues, mais beaucoup d’Algériennes aimeraient que l’on reconsidère certains de leurs droits. Ce 8 mars 2017, sais-tu que c’est ta fête mais qu’en tant qu’Algérienne tu n’as toujours pas…

Tous les droits sur tes enfants

Malheureusement ce 8 mars 2017 tu n’auras toujours pas le droit d’exercer les mêmes droits que ton mari sur ton enfant. D’après l’article 87 du Code de la Famille, le père est le tuteur de l’enfant, il exerce « la puissance paternelle » sur vos enfants. Tu deviendras le tuteur seulement en cas de décès du père, ou de divorce si tu as la garde. D’ailleurs la loi privilégie la femme divorcée pour ce droit de garde mais sache que tu le perdras si tu te remaries.
Tu ne pourras pas ouvrir un compte bancaire à ton enfant, en revanche tu auras le droit d’y verser de l’argent. Tu auras le droit de prendre soin de ton enfant, mais pas de décider s’il faut l’opérer en cas d’urgence. Tu auras le droit de porter ton enfant, mais en dehors de ton ventre tu auras peu de droits sur sa vie. Pour tout cela il te faudra une autorisation du père.
Parfois, même si tu as désormais ce droit, certains fonctionnaires de l’Etat algérien plein de zèle, t’empêcheront de voyager seule avec ton enfant mineur sans autorisation du père par souci de zèle.

La possibilité de choisir seule

Tu le sais mais à l’inverse de l’homme algérien, tu devras avoir la bénédiction de ton tuteur pour te marier. Pas de mariage sans son aval, ta seule chance aujourd’hui est de le choisir, ce n’est pas forcément ton père, mais il faudra que ce soit un homme. Comme l’indique l’article 11 du Code de la famille « la femme majeure conclut un contrat de mariage en présence de son wali qui est son père ou un proche parent ou toute personne de son choix ». Ce 8 mars 2017 tu es donc majeure mais pour tes choix importants tu restes un mineure.

Le droit de divorcer librement

Certes tu pourras demander le divorce au même titre que ton mari mais seulement sous certaines conditions. Lorsque ton mari pourra te quitter pour n’importe quelle raison, toi tu pourras demander le divorce seulement si tu réponds aux 10 critères cités dans l’article 53 du Code de la famille. Si tu souhaites divorcer sans l’accord de ton mari alors tu devras verser une somme d’argent, le « Khôl’a », comme si quelque part tu rachetais ta liberté…

Le même poids qu’un homme

Si tu es témoin pour la signature d’un document, comme la vente ou l’achat d’un logement par exemple ta voix comptera moins que celle d’un homme. Vous devrez être deux femmes présentes contre un homme.
En 2015 le Président Abdelaziz Bouteflika avait promis une révision du Code de la famille pour évoluer avec la place de la femme en Algérie. Ce 8 mars 2017 tu n’as toujours pas obtenu ces nouveaux droits…
 
Amina Boumazza
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