Amel Melih, l’Algérienne qui règne sur la natation en Afrique

Amel Melih, l’Algérienne qui règne sur la natation en Afrique

Triple championne d’Afrique, Amel Melih est sans nul doute la nageuse franco-algérienne au plus beau palmarès. Et la sprinteuse n’a que 24 ans. Portrait.

Comme pour beaucoup de petites filles, la nage a d’abord consisté pour elle au plaisir de barboter dans l’eau, durant les beaux jours d’été. C’est du haut de ses 4 ans qu’Amel Melih se jette à l’eau pour la première fois. Née à Lyon de parents originaires d’Honaïne, ville côtière située dans la région de Tlemcen, Amel Melih cherche à apprivoiser la Méditerranée.

« Petite, je n’avais pas de motivations particulières. J’aimais juste aller à la piscine et m’amuser. Ce sont mes parents qui m’avaient inscrite à la base car il est indispensable de savoir nager, surtout lorsque l’on passe tous les étés en Algérie et que nous avons la plage juste à côté. L’idée au départ c’était simplement d’apprendre à nager et pouvoir ainsi se baigner sans risque », se souvient-elle.

J’étais loin d’être parmi les meilleures, mais j’avais déjà cet esprit de compétition et l’envie de gagner.

Au fil des coulées, elle se laisse tenter par les sirènes de la natation professionnelle. La passion grandit avec la détermination de devenir la numéro un. « Petit à petit, j’ai appris les quatre nages (papillon, dos, brasse et crawl) et j’ai commencé les compétitions. J’étais loin d’être parmi les meilleures mais j’avais déjà cet esprit de compétition et l’envie de gagner », dit-elle en gardant son sourire solaire.

Une grande bosseuse

Derrière son regard bleu azur se cache une grande bosseuse. Combiné à son talent naturel, son physique de sirène et son mental à tout épreuve, les sacrifices consentis sont la clé de son succès, estime la jeune athlète. « La natation est un sport ingrat. Il faut s’investir à 200% pour espérer réussir. Il faut s’entraîner énormément, faire attention à sa récupération, bien manger et bien dormir. Cela implique par exemple de ne pas sortir entre amis les weekend pour pouvoir se reposer », confie la triple championne d’Afrique.

« En début de saison, je nage beaucoup en termes de volume kilométrique : de 6 à 8 kilomètres par séance, deux fois par jour. Quand les compétitions importantes approchent, nous réduisons le volume : on passe entre 4 et 5 kilomètres par séance ». Un rythme d’entraînement soutenu qu’elle parvient à concilier avec des études universitaires. « Il m’arrive de m’entraîner matin et soir et de placer mes études de droit au milieu », raconte la sprinteuse de 24 ans.

Une affaire de famille

 

amel melih
Amel Melih est entraînée par son frère, Selim.

 

Pour maintenir un tel niveau d’exigences, Amel Melih peut compter sur ses proches. Car la carrière de cette Franco-Algériennes aux boucles dorées est une affaire familiale. « Mon frère Selim qui est aussi mon entraîneur me dit toujours que même si c’est dur et que j’ai mal, il ne faut pas que j’abandonne. Mon coach moral, lui, me dit de ne jamais me crisper et de nager en étant relâché (musculairement parlant), car c’est beaucoup plus efficace, même pour un sprinteur ».

La multi-recordwoman algérienne sur 100 mètres peut également compter sur le soutien indéfectible de sa mère avec laquelle elle entretient une relation fusionnelle. « Ma mère est mon mentor et ma conseillère à la fois. Elle est toujours présente, dans les bons, comme dans les mauvais moments. Elle est mon pilier et mon paradis sur terre », confesse-t-elle.

Avec du travail, rien n’est impossible.

La carrière d’Amel Melih est un pont entre deux rives. Si la nageuse s’entraîne dans le club lyonnais S.A.L Saint Priest, elle endosse le maillot vert floqué du drapeau algérien pour les compétitions internationales. « Cest un véritable accomplissement personnel et une grande fierté que de se voir reconnue dans son pays. Mais j’aimerais décrocher de plus belles médailles encore pour l’Algérie, dans de plus grosses compétitions. Avec du travail, rien n’est impossible. J’y crois ».

S.S.B.

Lire aussi :

Ces Algériennes à la conquête des sports « masculins »

Laëticia Madjène, l’Algérienne championne du monde de full-contact

Lisa Zimouche, la freestyleuse algérienne qui se mesure aux plus grands footballeurs 

Facebook Comments

You May Also Like

Leave a Reply

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer